Sorti en 1998, ce film adapté d'un roman est un peu l'oublié des réalisations de Sam Raimi ("Evil Dead I, II, III; Darkman, Spider-man 1, 2, 3, ...") alors qu'il a remporté le Prix Spécial du Jury au célèbre Festival du Film Policier de Cognac en 1999.
Alors qu'ils retournent chez eux, trois hommes dont deux frères (Bill Paxton "Apollo 13, Terminator, Titanic, Twister" et Billy Bob Thornton "Armageddon, Primary Colors") découvrent en pleine forêt l'épave d'un petit avion. Dans celle-ci, le cadavre du pilote à moitié bouffé par les corbeaux, mais surtout un sac contenant 4 millions quatre cents mille dollars. Comme le groupe est composé de deux chômeurs et d'un comptable payé des clopinnettes, ils décident de garder l'argent; c'est le comptable, campé par Bill Paxton, qui garde le magot durant trois mois et le redistribuera si personne n'enquête sur celui-ci.
Commence alors un véritable jeu de trahison, de méfiance et de paranoia dont aucun ne sortira indemne, l'épouse enceinte du comptable (Bridget Fonda, "Jackie Brown, Jeune fille cherche appartement, Singles, Nom de code Nina") agravant les choses pour protéger sa famille au détriment de n'importe quelle autre personne.
"Jusqu'où iriez-vous pour garder un tel magot?", telle est la question lancée par Sam Raimi qui s'interroge sur le fait de risquer une vie de famille bien tranquille pour une forte somme d'argent manifestement sale. Le film (deux heures quand même) ne repose sur aucun effet, n'abuse de longs plans silencieux; il place simplement quelques personnes face à une situation qui leur échappe de plus en plus, décrite au travers de fabuleux dialogues. Le casting est absolument brillant, mais Billy Bob Thornton se surpasse dans le rôle de Jacob, personnage candide à la limite de l'innocence qui se raccroche à son enfance perdue. Il n'est pas exagéré de dire qu'une grande partie de l'intrigue repose sur ce personnage simple, voyant le bien partout et allant de désillusion en désillusion, principalement en observant les actes de son frère et de sa belle-soeur qui se transforment tout deux en véritables psychopates.
Ce thème de riquer sa peau et celle de sa famille pour des liasses de pognon sera repris plus tard par Cormac MacCarthy dans son fabuleux roman de 2005 "No country for old man", adapté brillammant au cinéma par les frères Cohen en 2008 (frères qui ont coécrits 20 ans plus tôt "Mort sur le grill" avec...Sam Raimi). Un grand romancier aurait-il pu être influencé par un grand cinéaste? Ce n'est pas impossible..
Ce film est une preuve supplémentaire que Raimi ne fut découvert que sur le tard par les gros studios hollywoodiens; il avait déjà une réputation (méritée) de réalisateur talentueux (voir culte) dans les milieux indépendants du cinéma, mais c'est la trilogie Spider-man qui le fera découvrir du grand public. La presse se targue alors de déclarer que cette trilogie est le chef d'oeuvre de Raimi... Quelle désinformation! Si on ne peut nier les qualités des Spider-man, ce ne sont jamais que des adaptations réussies de comic book, dotées de budget parmi les plus costaux de l'histoire du cinéma. Facile pour un réalisateur de la trempe de Raimi de réussir alors des blockbusters internationaux.
Mais quel mérite par rapport à un "Evil Dead" réalisé à la débrouille (film qui lancera la carrière de Bruce Campbell, acteur culte du cinéma de genre), par rapport au risque de réaliser "Darkman" à une époque où l'on ne veut que des héros optimistes, par rapport à ce fapuleux "Plan simple"?
Ceux qui ne connaissent de Raimi que les Spider-man doivent d'urgence se plonger dans la filmographie antérieure du réalisateur, disponible aujourd'hui grâce à ce support magique qu'est le DVD!
samedi 10 mai 2008
mardi 29 avril 2008
funny games
Interpellé par les interviews de Michael Haneke sur le remake qu'il a tiré de son propre film de 1997 (car destiné au public américain, gavé de violence à la télé, mais boudé par celui-ci car film européen), j'ai cherché à trouver l'original plutôt que de voir le dit remake. J'ai eu la chance de tomber dessus à la Médiathèque, en déstockage...
Ais-je vraiment eu de la chance?
Un famille allemande aisée (le mari, la femme et leur petit garçon) emménagent pour les vacances dans une luxueuse villa au bord d'un lac. Deux jeunes gens de la haute portant des gants blancs viennent leur demander des oeufs. Ils s'incrustent tout doucement et, au moment où le père leur demande sortir, l'un des "invités" fracasse le genou de celui-ci avec un club de golf. Avec un calme olympien, l'un des jeunes expose le pari: dans 12 heures, ils seront morts et eux vivants.
Durant près de deux heures, j'ai vécu un cauchemar cinématographique alors qu'Haneke ne montre rien des tortures physiques, psychologiques et finalement du triple homicide qui va se commettre. Rien! Pas une image...mais du son! Des plans insupportablement longs d'un des tortionnaires se préparant un sandwich dans la cuisine tandis que dans le salon retentit un coup de feu suivi de cris; ceux d'une femme forcée à se déshabiller devant tous pour éviter que son fils, taie d'oreiller sur la tête, ne soit étouffé... Plus de trois minutes pour se déshabiller, avec de simples plans sur les visages, pas un espace de nudité à l'écran,... Aucun cut: toutce que subit cette famille est filmé en temps réel; les seules éllypses sont pour les plans extérieurs afin que passent les dites 12 heures du "pari".
Les criminels voient ça tour à tour comme un jeu, comme une discussion sur le thème de la vie et de la mort, comme un simple amusement, comme une échapatoire à leur petite vie de riches bourgeois étriquée... Ils nous prennent plusieurs fois à témoin, du début à la fin du métrage, en nous demandant, face à la caméra, nos avis sur le pari, nos impressions... La dernière image est d'ailleurs pour nous: un petit air de défi et de satisfaction, une petite oeillade complice l'air de dire "on recommence? vous en voulez encore?".
Aucun espoir pour cette famille dès le début; une fabuleuse scène nous faisant espérer un semblant de happy end (il y a déjà un mort lors de cette scène), typique aux films américains où l'on massacre 300 "terroristes" pour sauver la gentille petite fille blanche et catholique, subit un rembobinement type VHS et recommence, nous montrant que les tueurs ont le dessus.
Jamais, je dis bien jamais, un film ne m'a frappé à ce point. J'en ai pourtant vu des milliers, et pas toujours des plus optimistes. Mais là... ce coup de poing, porté par un casting absolulment fabuleux et à la fois horriblement détestable en partie (je les hais, ces deux gars! Une haine viscérale!), je ne l'oublierai jamais.
Un film que toute personne qui ne bouge plus devant les horreurs du JT et des films de fiction doit voir, mais que je ne voudrai pourtant moi-même plus jamais revoir. Je le conseille à tous (à partir de 18 ans, si pas plus!), mais je ne veux plus jamais revoir les visages de cette famille et de ces deux monstres tellement vrais, tellement humains. Je n'irai pas voir le remake et je conseille à tout amateur de voir le film de 1997, dans sa version originale allemande.
A l'heure ou nous avalons dans l'actualité une violence peu commune, à l'heure de cette fascination morbide qu'a la masse pour les tueurs en série, à l'heure où la violence des films d'horreur revient à celle des années 70, ... Ce film, rappelant que la violence est tout sauf un divertissement, est tout simplement l'une des oeuvres majeures de l'histoire du cinéma!
Je suis persuadé que "funny games" rejoindra le panthéon des films universellement reconnu et siègera aux côtés de "freaks", "orange mécanique", "la nuit du chasseur" et autres oeuvres immortelles traitant de la violence de nos sociétés.
Ais-je vraiment eu de la chance?
Un famille allemande aisée (le mari, la femme et leur petit garçon) emménagent pour les vacances dans une luxueuse villa au bord d'un lac. Deux jeunes gens de la haute portant des gants blancs viennent leur demander des oeufs. Ils s'incrustent tout doucement et, au moment où le père leur demande sortir, l'un des "invités" fracasse le genou de celui-ci avec un club de golf. Avec un calme olympien, l'un des jeunes expose le pari: dans 12 heures, ils seront morts et eux vivants.
Durant près de deux heures, j'ai vécu un cauchemar cinématographique alors qu'Haneke ne montre rien des tortures physiques, psychologiques et finalement du triple homicide qui va se commettre. Rien! Pas une image...mais du son! Des plans insupportablement longs d'un des tortionnaires se préparant un sandwich dans la cuisine tandis que dans le salon retentit un coup de feu suivi de cris; ceux d'une femme forcée à se déshabiller devant tous pour éviter que son fils, taie d'oreiller sur la tête, ne soit étouffé... Plus de trois minutes pour se déshabiller, avec de simples plans sur les visages, pas un espace de nudité à l'écran,... Aucun cut: toutce que subit cette famille est filmé en temps réel; les seules éllypses sont pour les plans extérieurs afin que passent les dites 12 heures du "pari".
Les criminels voient ça tour à tour comme un jeu, comme une discussion sur le thème de la vie et de la mort, comme un simple amusement, comme une échapatoire à leur petite vie de riches bourgeois étriquée... Ils nous prennent plusieurs fois à témoin, du début à la fin du métrage, en nous demandant, face à la caméra, nos avis sur le pari, nos impressions... La dernière image est d'ailleurs pour nous: un petit air de défi et de satisfaction, une petite oeillade complice l'air de dire "on recommence? vous en voulez encore?".
Aucun espoir pour cette famille dès le début; une fabuleuse scène nous faisant espérer un semblant de happy end (il y a déjà un mort lors de cette scène), typique aux films américains où l'on massacre 300 "terroristes" pour sauver la gentille petite fille blanche et catholique, subit un rembobinement type VHS et recommence, nous montrant que les tueurs ont le dessus.
Jamais, je dis bien jamais, un film ne m'a frappé à ce point. J'en ai pourtant vu des milliers, et pas toujours des plus optimistes. Mais là... ce coup de poing, porté par un casting absolulment fabuleux et à la fois horriblement détestable en partie (je les hais, ces deux gars! Une haine viscérale!), je ne l'oublierai jamais.
Un film que toute personne qui ne bouge plus devant les horreurs du JT et des films de fiction doit voir, mais que je ne voudrai pourtant moi-même plus jamais revoir. Je le conseille à tous (à partir de 18 ans, si pas plus!), mais je ne veux plus jamais revoir les visages de cette famille et de ces deux monstres tellement vrais, tellement humains. Je n'irai pas voir le remake et je conseille à tout amateur de voir le film de 1997, dans sa version originale allemande.
A l'heure ou nous avalons dans l'actualité une violence peu commune, à l'heure de cette fascination morbide qu'a la masse pour les tueurs en série, à l'heure où la violence des films d'horreur revient à celle des années 70, ... Ce film, rappelant que la violence est tout sauf un divertissement, est tout simplement l'une des oeuvres majeures de l'histoire du cinéma!
Je suis persuadé que "funny games" rejoindra le panthéon des films universellement reconnu et siègera aux côtés de "freaks", "orange mécanique", "la nuit du chasseur" et autres oeuvres immortelles traitant de la violence de nos sociétés.
samedi 26 avril 2008
Kingdom Hospital
Un artiste peintre renommé est renversé par un van alors qu'il fait son jogging matinal. Paralysé mais conscient, il voit le chauffard prendre la fuite et le laisser seul le long de la route, perdue au milieu des forêts du Maine. Un fourmilier, nommé Antubis, vient lui parler et lui annonce que pour chaque service qu'il lui rendra, il devra en rendre un autre. Arrive un chauffeur poid lourd qui appelle une ambulance. Le blessé est conduit au Kingdom Hospital, bâti sur le site d'une ancienne usine détruite par un incendie qui enleva la vie à une centaine d'enfants. Très vite, le blessé aura la vision d'une petite fille munie d'une cloche qui lui demandera son aide...
Cette série en 15 épisodes (le 1 et le 13 sont des doubles), écrite en grande partie par Lars Von Trier, Stephen King et Tabitha King, nous plonge dans l'univers d'un hôpital hanté par des esprits bienveillants et malveillants. Nous y suivons un grand nombre de personnages évoluant dans l'hôpital (une médium, son fils infirmier, les différents médecins, plusieurs malades) qui, chacun à leur manière, s'uniront ou se désuniront afin d'éviter(ou de provoquer) le destin funeste qui attend l'hôpital: la destruction par un tremblement de terre provoqué par les esprits revenchards des enfants morts dans l'incendie 70 ans plus tôt.
D'emblée, il convient de signaler que, contrairement à l'annonce du boîtier DVD, ce n'est pas une série d'horreur, mais une espèce d'"Urgences" mélangée à du thriller et du fantastique.
Souvent autobiographique pour Stephen King (l'artiste renversé sur la route, le gardien condamné à plus ou moins long terme à être aveugle, ...), la série mélange habilement plusieurs intrigues qui ne trouveront leur conclusion que dans le tout dernier épisode; impossible de deviner tous les tenants et aboutissants avant la conclusion, ce qui est assez rare que pour être signalé. Les intrigues sont tour à tour réalistes (enquête sur une erreur médicale, confrérie secrète de médecins, recherches sur le sommeil) puis fantastiques (la recherche de la vérité par la médium, les rêves dans l'Entre-mondes", les fantômes, ...), chacune apportant des éléments qui se croiseront. Aucune des intrigues n'est secondaire, toutes sont indispensables au récit.
Le casting, ou apparaissent parfois des visages connus du cinéma, est excellent et chaque personnage est suffisamment développé pour que l'on s'y intéresse. Stephen King fait sa petite apparition habituelle dans l'un des épisodes.
Seul bémol: King ne peut décidément plus s'empêcher de raconter une histoire sans y mettre une bonne dose de christiannisme (l'épisode 11!), devenant parfois incohérent avec lui-même: les croyants sont représentés ici comme les seuls capables de sauver l'hôpital; "The Mist" (actuellement au cinéma ) dénonce les fanatiques chrétiens, représentés comme bien plus dangereux que les créatures anthropophages se trouvant dans la brume. Heureusement, seul le 11ème épisode tourne à la n'importe quoi; les derniers ne font que rarement allusion à l'intervention divine telle que nous la concevons, ce sont surtout les religions polythéistes qui sont alors mises en avant.
Malgré le couac cité plus haut, il serait dommage de se priver d'une série qui est sans doute, malgré le manque réel d'horreur attendu par les amateurs de King, l'une des plus intrigantes et attachantes de ces dernières années. Un excellent divertissement.
Cette série en 15 épisodes (le 1 et le 13 sont des doubles), écrite en grande partie par Lars Von Trier, Stephen King et Tabitha King, nous plonge dans l'univers d'un hôpital hanté par des esprits bienveillants et malveillants. Nous y suivons un grand nombre de personnages évoluant dans l'hôpital (une médium, son fils infirmier, les différents médecins, plusieurs malades) qui, chacun à leur manière, s'uniront ou se désuniront afin d'éviter(ou de provoquer) le destin funeste qui attend l'hôpital: la destruction par un tremblement de terre provoqué par les esprits revenchards des enfants morts dans l'incendie 70 ans plus tôt.
D'emblée, il convient de signaler que, contrairement à l'annonce du boîtier DVD, ce n'est pas une série d'horreur, mais une espèce d'"Urgences" mélangée à du thriller et du fantastique.
Souvent autobiographique pour Stephen King (l'artiste renversé sur la route, le gardien condamné à plus ou moins long terme à être aveugle, ...), la série mélange habilement plusieurs intrigues qui ne trouveront leur conclusion que dans le tout dernier épisode; impossible de deviner tous les tenants et aboutissants avant la conclusion, ce qui est assez rare que pour être signalé. Les intrigues sont tour à tour réalistes (enquête sur une erreur médicale, confrérie secrète de médecins, recherches sur le sommeil) puis fantastiques (la recherche de la vérité par la médium, les rêves dans l'Entre-mondes", les fantômes, ...), chacune apportant des éléments qui se croiseront. Aucune des intrigues n'est secondaire, toutes sont indispensables au récit.
Le casting, ou apparaissent parfois des visages connus du cinéma, est excellent et chaque personnage est suffisamment développé pour que l'on s'y intéresse. Stephen King fait sa petite apparition habituelle dans l'un des épisodes.
Seul bémol: King ne peut décidément plus s'empêcher de raconter une histoire sans y mettre une bonne dose de christiannisme (l'épisode 11!), devenant parfois incohérent avec lui-même: les croyants sont représentés ici comme les seuls capables de sauver l'hôpital; "The Mist" (actuellement au cinéma ) dénonce les fanatiques chrétiens, représentés comme bien plus dangereux que les créatures anthropophages se trouvant dans la brume. Heureusement, seul le 11ème épisode tourne à la n'importe quoi; les derniers ne font que rarement allusion à l'intervention divine telle que nous la concevons, ce sont surtout les religions polythéistes qui sont alors mises en avant.
Malgré le couac cité plus haut, il serait dommage de se priver d'une série qui est sans doute, malgré le manque réel d'horreur attendu par les amateurs de King, l'une des plus intrigantes et attachantes de ces dernières années. Un excellent divertissement.
mercredi 23 avril 2008
Fanatique
Un groupe d'étudiants part sur une île de 6000 hectares, propriété d'un couple de cinéphiles, afin d'y étudier la faune pour améliorer leurs résultats scolaires. Le groupe est composé d'un bellâtre cinéphile, d'une "intello", d'une punk lesbienne, d'un asiatique homosexuel, d'un sportif surdéveloppé jusqu'au front, d'une nymphomane latino et d'un black fumeur de joints et fan de hip-hop. Ce petit groupe va allègrement être massacré par le couple propriétaire de l'île dont le passe-temps favori est de filmer des meurtres en remettant en scènes les crimes "cultes" de l'histoire du cinéma.
Pourquoi parler de ce qui ressemble à n'importe quel slasher des années 80 et 90? Justement parce que le film est volontairement cliché et référentiel, ce qui donne une lecture tout à fait ludique du métrage pour tout fan de cinéma bis digne de ce nom; ce n'est pas pour rien que le magazine Mad Movies (pourtant très critique des slashers sans surprises qui pullulent sur nos écrans) proposait ce film avec son édition du mois de mars 2008.
Si certaines images et répliques renvoient à des films connu du grand public ("Orca, Shinning, Massacre à la tronçonneuse, Ring, Psychose, ..."), d'autres sont plus subtiles (Le prof s'appelle Argento, affiches de "Mondo Cane" dans la maison, La maîtresse des lieux se nomme Mary Shelley, ...) et certaines réservées aux geeks absolus ("Killer Klowns from Other space", ...). N'ayant vu le film qu'une seule fois, je n'ai évidemment pas encore eu le temps de dresser une liste exhaustive des références, mais je ne mepriverai certainement pas de ce plaisir dès que l'occasion se présentera.
Les acteurs sont volontairement caricaturaux et branques; le film n'est pas destiné à faire peur, mais à mettre le fan devant une parodie plus respectueuse du matériau d'origine, au contraire des pitoyables soupes grand public à la "Scary Movies". Les sois-disant cinéphiles étudiants ne connaissent que les films d'horreur des 20 dernières années, exception faite des deux personnages principaux qui ne sont néanmoins capables de citer que des classiques reconnus (Boris Karloff, Bela Lugosi, Tod Browning, ...). Leur manque de connaissance des classiques "underground" sera d'ailleurs leur faiblesse: ils ne comprendront jamais ma logique des meurtriers et accumulent les erreurs ("On se divise en groupes, je vais faire pipi tout seul dans la forêt la nuit, je fume un gros pétard, ..."). Je le répète: aucune surprise au niveau des meurtres; mais comment vont-ils se dérouler?
Le scénario est néanmoins bien foutu car notre certitude sur l'identité du / des tueur(s) va en prendre un coup dans le dernier quart d'heure, en nous envoyant pourtant un gros cliché dans la gueule, admirablement bien placé dans l'intrigue.
Côté casting, on retrouve Juliet Landau (fille de Martin Landau, oscarisé dans "Ed Wood" de Burton pour son interprètation de Bela Lugosi), William Forsythe ("Devil's rejects") et Burt Young ( l'innoubliable beau-frère de Rocky Balboa).
Une bonne surprise dans le monde aseptisé du slasher contemporain.
Pourquoi parler de ce qui ressemble à n'importe quel slasher des années 80 et 90? Justement parce que le film est volontairement cliché et référentiel, ce qui donne une lecture tout à fait ludique du métrage pour tout fan de cinéma bis digne de ce nom; ce n'est pas pour rien que le magazine Mad Movies (pourtant très critique des slashers sans surprises qui pullulent sur nos écrans) proposait ce film avec son édition du mois de mars 2008.
Si certaines images et répliques renvoient à des films connu du grand public ("Orca, Shinning, Massacre à la tronçonneuse, Ring, Psychose, ..."), d'autres sont plus subtiles (Le prof s'appelle Argento, affiches de "Mondo Cane" dans la maison, La maîtresse des lieux se nomme Mary Shelley, ...) et certaines réservées aux geeks absolus ("Killer Klowns from Other space", ...). N'ayant vu le film qu'une seule fois, je n'ai évidemment pas encore eu le temps de dresser une liste exhaustive des références, mais je ne mepriverai certainement pas de ce plaisir dès que l'occasion se présentera.
Les acteurs sont volontairement caricaturaux et branques; le film n'est pas destiné à faire peur, mais à mettre le fan devant une parodie plus respectueuse du matériau d'origine, au contraire des pitoyables soupes grand public à la "Scary Movies". Les sois-disant cinéphiles étudiants ne connaissent que les films d'horreur des 20 dernières années, exception faite des deux personnages principaux qui ne sont néanmoins capables de citer que des classiques reconnus (Boris Karloff, Bela Lugosi, Tod Browning, ...). Leur manque de connaissance des classiques "underground" sera d'ailleurs leur faiblesse: ils ne comprendront jamais ma logique des meurtriers et accumulent les erreurs ("On se divise en groupes, je vais faire pipi tout seul dans la forêt la nuit, je fume un gros pétard, ..."). Je le répète: aucune surprise au niveau des meurtres; mais comment vont-ils se dérouler?
Le scénario est néanmoins bien foutu car notre certitude sur l'identité du / des tueur(s) va en prendre un coup dans le dernier quart d'heure, en nous envoyant pourtant un gros cliché dans la gueule, admirablement bien placé dans l'intrigue.
Côté casting, on retrouve Juliet Landau (fille de Martin Landau, oscarisé dans "Ed Wood" de Burton pour son interprètation de Bela Lugosi), William Forsythe ("Devil's rejects") et Burt Young ( l'innoubliable beau-frère de Rocky Balboa).
Une bonne surprise dans le monde aseptisé du slasher contemporain.
lundi 14 avril 2008
Feast
"Des produteurs exécutifs Wes Craven, Matt Damon, Ben Affleck et Chris Moore"; cette phrase écrite en grand sur l'affiche du film donne déjà froid dans le dos tant le mélange semble improbable:
- l'autoproclamé maître de l'horreur Wes Craven, à qui l'on doit attribuer quelques indéniables réussites ("La dernière maison sur la gauche, Les griffes de la nuit"), mais surtout d'incontestables nanards ("Le sous-sol de la peur, Shocker, Un vampire à Brooklin, Cursed") dont certains ont tout de même acquis un statut culte ("La colline à des yeux" et ...pouah!..."Scream"). Craven producteur a encore récemment prouvé qu'il cultivait surtout son ego en tant que producteur: refus d'un caméo de Michael Berrymann dans le remake de "La colline à des yeux" (il avait volé la vedette à Craven en raison de son jeu et de son physique atypiques) et tirage de gueule à Aja (réalisateur du remake que la presse a qualifié de supérieur à l'original de 77).
- Matt Damon dont les incontestables qualités d'acteur ne compensent pas le doute que l'on peut émettre sur son "amour" du cinéma de genre. Il suffit de voir sa filmographie ("Will Hunting, Le soldat Ryan, Ocean's eleven, Syriana, ..."), très bonne mais aucun métrage d'horreur.
- Ben Affleck qu'il ne faut plus présenter!
- Chris Moore, producteur des American Pie!
On flaire donc juste la machine à pognon, la volonté de surfer sur la vague des navets pseudohorrifiques qui envahissent les salles au détriment des oeuvres sans concession qui sont refusées en salle et deviennent des "direct to DVD", et non la volonté de produire un véritable film d'épouvante.
Le pitch est simple et assez similaire à celui d'"Une nuit en enfer": des pequenots sont coincés dans un bar perdu au milieu du désert et doivent affronter une famille de monstres canibales... révolutionnaire! Romero a eu la même idée en 1968; il serait temps de renouveler le scénario!
Le film, une honnête série B, regorge de bonnes idées (fausses présentations des personnages donnant leur espérance de vie respective et supposée, destruction des conventions quant à qui va survivre ou mourir, ...), mais souffre d'un rythme trop lent. Les scènes gores abondent au début, mais le nombre élevé de victimes dans les 15 premières minutes réduit fortement la tension et le suspense dans la suite du métrage. L'humour et le grand guignol dominent, les scènes d'action sont filmées caméra à l'épaule et en courant, sans doute pour compenser une fois de plus des maquillages baclés.
Les acteurs sont potables, la plupart issus des séries ados à la mode (on voit le public concerné); seul un vieux brisquard du genre est présent à l'affiche: Henri Rollins (leader de Blag Flag et du Rollins Band, groupes phares de la scène harcore punk américaine depuis 25 ans), dans un rôle surprenant au vu de la carrure du bonhomme, qui n'est pas crédité sur le verso du DVD à égal des autres acteurs...sans doute est-il inconnu des 13-17 ans!
En bref, il s'agit d'un agréble film pop corn sur canapé avec les potes, mais aussi d'un film sans grandes surprises, excepté dans le choix des personnages qui survivront. Si le groupe de producteurs exécutifs espère être crédible dans la communauté des geeks, il doit absolument revoir sa copie!
Un film à conseiller et qui plaira surtout aux novices...en espérant qu'ils découvriront autre chose par la suite!
- l'autoproclamé maître de l'horreur Wes Craven, à qui l'on doit attribuer quelques indéniables réussites ("La dernière maison sur la gauche, Les griffes de la nuit"), mais surtout d'incontestables nanards ("Le sous-sol de la peur, Shocker, Un vampire à Brooklin, Cursed") dont certains ont tout de même acquis un statut culte ("La colline à des yeux" et ...pouah!..."Scream"). Craven producteur a encore récemment prouvé qu'il cultivait surtout son ego en tant que producteur: refus d'un caméo de Michael Berrymann dans le remake de "La colline à des yeux" (il avait volé la vedette à Craven en raison de son jeu et de son physique atypiques) et tirage de gueule à Aja (réalisateur du remake que la presse a qualifié de supérieur à l'original de 77).
- Matt Damon dont les incontestables qualités d'acteur ne compensent pas le doute que l'on peut émettre sur son "amour" du cinéma de genre. Il suffit de voir sa filmographie ("Will Hunting, Le soldat Ryan, Ocean's eleven, Syriana, ..."), très bonne mais aucun métrage d'horreur.
- Ben Affleck qu'il ne faut plus présenter!
- Chris Moore, producteur des American Pie!
On flaire donc juste la machine à pognon, la volonté de surfer sur la vague des navets pseudohorrifiques qui envahissent les salles au détriment des oeuvres sans concession qui sont refusées en salle et deviennent des "direct to DVD", et non la volonté de produire un véritable film d'épouvante.
Le pitch est simple et assez similaire à celui d'"Une nuit en enfer": des pequenots sont coincés dans un bar perdu au milieu du désert et doivent affronter une famille de monstres canibales... révolutionnaire! Romero a eu la même idée en 1968; il serait temps de renouveler le scénario!
Le film, une honnête série B, regorge de bonnes idées (fausses présentations des personnages donnant leur espérance de vie respective et supposée, destruction des conventions quant à qui va survivre ou mourir, ...), mais souffre d'un rythme trop lent. Les scènes gores abondent au début, mais le nombre élevé de victimes dans les 15 premières minutes réduit fortement la tension et le suspense dans la suite du métrage. L'humour et le grand guignol dominent, les scènes d'action sont filmées caméra à l'épaule et en courant, sans doute pour compenser une fois de plus des maquillages baclés.
Les acteurs sont potables, la plupart issus des séries ados à la mode (on voit le public concerné); seul un vieux brisquard du genre est présent à l'affiche: Henri Rollins (leader de Blag Flag et du Rollins Band, groupes phares de la scène harcore punk américaine depuis 25 ans), dans un rôle surprenant au vu de la carrure du bonhomme, qui n'est pas crédité sur le verso du DVD à égal des autres acteurs...sans doute est-il inconnu des 13-17 ans!
En bref, il s'agit d'un agréble film pop corn sur canapé avec les potes, mais aussi d'un film sans grandes surprises, excepté dans le choix des personnages qui survivront. Si le groupe de producteurs exécutifs espère être crédible dans la communauté des geeks, il doit absolument revoir sa copie!
Un film à conseiller et qui plaira surtout aux novices...en espérant qu'ils découvriront autre chose par la suite!
vendredi 28 mars 2008
Hostel chapitre II
Ceux qui ont entendu à l'époque mes critiques radios d'Hostel le savent: je n'aime pas Eli Roth en tant que réalisateur. "Cabin Fever" m'a profondément emmerdé et j'avais qualifié "Hostel d'American Pie pseudo-horrifique.
Force est de constater qu'Hostel 2 me réconcilie avec Roth.
Je n'apprécie toujours pas le "Quentin Tarantino présente"; depuis que celui-ci s'est autoproclamé mémoire vivante du cinéma bis (depuis lors, il ne fait quasiment plus de films; il les commet!), pas mal de réalisateurs courent après cette marque de fabrique pour attirer le plus possible de monde dans les salles. Eli Roth fait partie de la secte des adorateurs de la Bible tarantinesque et c'est un de ses défauts majeurs... passons!
L'intérêt d'"Hostel 2" est que la plus grande partie du film s'intéresse à l'organisation des scéances de torture et à la psychologie de deux de ses clients, Todd (Richard Burgi, impérial, vu dans "Braqueurs amateurs", In her shoes", "Cellular" et la première saison de "24h chrono") et Stuart (Roger Bart, tour à tour touchant et salement flippant, vu dans "Les producteurs", "Et Dieu créa la femme"). Les deux amis découvrent alors l'énorme marge qu'il y a entre le phantasme de la torture et du meurtre et le passage à l'acte. D'autres scènes mettant en valeur d'autres clients apparaissent pour donner le quota de meurtres crapuleux au film, dont une scène de cannibalisme dans laquelle le client n'est autre que Ruggero Deodato, réalisateur du cultissime (et kitshissime!) "Cannibal Holocaust".
A l'amateur d'images fortes: malgré le qualifitatif "gore", on a déjà vu bien pire aucinéma!
Hostel 1 commence là où le premier s'arrête: Paxton (Jay Fernandez, insipide) s'est échappé de l'usine de torture et est retourné aux USA. Sa petite amie le retrouve décapité dans sa cuisine. Générique et nouvelles victimes: trois jeunes étudiantes en art attirée par le modèle de dessin vers les cures thermales slovaques. Le piège se referme. Je passe la psychologie primaire des victimes; seuls les clients sont intéressants. Exception faite de l'inévitable survivante qui va devenir bien pire que le client auquel elle a échappé.
Roth nous donne ici enfin la preuve qu'il est ce qu'il a toujours prétendu être: un fan des giallis des années 70. On y retrouve, outre Deodato, des acteurs cultes de cette période dans des rôles variés:Edwige Fenech ("L'homme aux nerfs d'acier"), Luc Merenda ("Soleil rouge", "Les assassins de l'ordre", "OSS 117 prend des vacances"), ...
On retrouve également certains acteurs non américains dont la présence vise évidemment à ce que les publics européens et de l'Est s'y retrouvent: liliya Malkina ("Kolya", nomminé à l'oscar en 97), Stanislav Ianevski ("Harry Potter"), et Milan Knazko (véritable star en Slovaquie et ministre de la culture durant 13 ans) dans le rôle de Sasha, parrain de l'organisation.
Dans ce film, Eli Roth compense tous les manques du premier opus: comment le client choisit-il sa victime, comment fonctionne cette mafia, ...
Reste à savoir s'il s'agit d'un coup de bol ou si Eli Roth est vraiment un excellent réalisateur de métrage d'horreur.
En attendant, pourquoi bouder son plaisir?
Force est de constater qu'Hostel 2 me réconcilie avec Roth.
Je n'apprécie toujours pas le "Quentin Tarantino présente"; depuis que celui-ci s'est autoproclamé mémoire vivante du cinéma bis (depuis lors, il ne fait quasiment plus de films; il les commet!), pas mal de réalisateurs courent après cette marque de fabrique pour attirer le plus possible de monde dans les salles. Eli Roth fait partie de la secte des adorateurs de la Bible tarantinesque et c'est un de ses défauts majeurs... passons!
L'intérêt d'"Hostel 2" est que la plus grande partie du film s'intéresse à l'organisation des scéances de torture et à la psychologie de deux de ses clients, Todd (Richard Burgi, impérial, vu dans "Braqueurs amateurs", In her shoes", "Cellular" et la première saison de "24h chrono") et Stuart (Roger Bart, tour à tour touchant et salement flippant, vu dans "Les producteurs", "Et Dieu créa la femme"). Les deux amis découvrent alors l'énorme marge qu'il y a entre le phantasme de la torture et du meurtre et le passage à l'acte. D'autres scènes mettant en valeur d'autres clients apparaissent pour donner le quota de meurtres crapuleux au film, dont une scène de cannibalisme dans laquelle le client n'est autre que Ruggero Deodato, réalisateur du cultissime (et kitshissime!) "Cannibal Holocaust".
A l'amateur d'images fortes: malgré le qualifitatif "gore", on a déjà vu bien pire aucinéma!
Hostel 1 commence là où le premier s'arrête: Paxton (Jay Fernandez, insipide) s'est échappé de l'usine de torture et est retourné aux USA. Sa petite amie le retrouve décapité dans sa cuisine. Générique et nouvelles victimes: trois jeunes étudiantes en art attirée par le modèle de dessin vers les cures thermales slovaques. Le piège se referme. Je passe la psychologie primaire des victimes; seuls les clients sont intéressants. Exception faite de l'inévitable survivante qui va devenir bien pire que le client auquel elle a échappé.
Roth nous donne ici enfin la preuve qu'il est ce qu'il a toujours prétendu être: un fan des giallis des années 70. On y retrouve, outre Deodato, des acteurs cultes de cette période dans des rôles variés:Edwige Fenech ("L'homme aux nerfs d'acier"), Luc Merenda ("Soleil rouge", "Les assassins de l'ordre", "OSS 117 prend des vacances"), ...
On retrouve également certains acteurs non américains dont la présence vise évidemment à ce que les publics européens et de l'Est s'y retrouvent: liliya Malkina ("Kolya", nomminé à l'oscar en 97), Stanislav Ianevski ("Harry Potter"), et Milan Knazko (véritable star en Slovaquie et ministre de la culture durant 13 ans) dans le rôle de Sasha, parrain de l'organisation.
Dans ce film, Eli Roth compense tous les manques du premier opus: comment le client choisit-il sa victime, comment fonctionne cette mafia, ...
Reste à savoir s'il s'agit d'un coup de bol ou si Eli Roth est vraiment un excellent réalisateur de métrage d'horreur.
En attendant, pourquoi bouder son plaisir?
28 semaines plus tard
Danny Boyle (Trainspotting, Sunshine) avait supris tout le monde avec le succès immense remporté par son film 28 jours plus tard. Dès lors, une suite était prévue mais Boyle annonça directement qu'il ne serait pas aux commandes; il laisse alors la place à Juan Carlos Fesnadillo (Intacto, Esposados) pour la réalisation.
Boyle est un découvreur de talent en ce qui concerne les acteurs (Ewan MacGregor dans "Trainspotting", Cilian Murphy (Sunshine, Batman Begins) dans 28 jours plus tard, ...); il faut croire qu'il l'est aussi dans le choix de ses réalisateurs. Producteur intelligent, il place Robert Carlyle (Trainspotting, Full Monthy, Ravenous, ...), acteur connu en Europe et réputé exigeant sur la qualité des films dans lesquels il accepte de jouer, en tête d'affiche. Ce choix lui assure que le film ne sera pas classé en "horreur pour ados prépubères".
D'emblée, la couleur est annoncée: le film est noir, extrêmement noir! Les 5 premières minutes nous présentent Carlyle qui n'hésite pas à abandonner sa femme et le groupe qui l'aide pour sauver sa propre peau des "infectés".
Un quartier de Londres est sous haute sécurité américaine et protège un groupe de 15000 survivants des attaques des infectés cannibales. Toute personne mordue, en contact avec le sang ou la salive de ceux-ci devient l'un d'eux.
En 20 minutes, le virus est présent dans ce lieu "sécurisé" et les deux enfants de Carlyle, protégés par un médecin militaire et un sniper qui les savent naturellement protégé du virus (espoir de sérum), doivent traverser un Londres aux mains des "zombies "et des militaires qui ont ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Fesnadillo ne nous laisse alors aucun répis et l'on assiste à la fuite éperdue de ce petit groupe de survivants.
Les thèmes du film son nombreux et ont dû faire grincer des dents la bonne morale occidentale: éclatement de la cellule familiale (après avoir abandonné son épouse, le père infecté veut dévorer ses gosses), dénonciation de la connerie profonde de l'armée (refus d'écouter les scientifiques et foi absolue dans la puissance des armes à feu...face à un virus!), rappel de la déshumanisation en cas de danger (chacun pour soi et Dieu pour tous), ...
Les scènes d'action et de poursuite (nombreuses) sont filmées à l'épaule et décalées par une musique très douce. Cette manière de filmer est d'ailleurs parfois à la limite du regardable, surtout dans les scènes nocturnes, mais la tension est justement renforcée par cette difficulté de lecture de l'image.
On peut reprocher un manque de psychologie des personnages et un trop grande importance accordée à l'action pure, mais force est de constater que la recette est nénamoins efficace. Fesnadillo nous renvoie notre propre bestialité à la gueule, parfois en faisant référence à "28 jours plus tard". Un exemple? Dans "28 jours", le héros déshumanisé crève de ses pouces les yeux d'un militaire; dans "28 semaines", Carlyle, infecté, procède de la même façon pour son premier meurtre... La limite entre les humains et les enragés est franchie; les uns ne sont pas plus sauvages que les autres...
Avec une fin ouvertement pessimiste qui laisse entrevoir un troisième opus, "28 semaines plus tard" se place aisément dans le top des films d'horreur les plus noirs et les plus violents de ces dernières années.
Boyle est un découvreur de talent en ce qui concerne les acteurs (Ewan MacGregor dans "Trainspotting", Cilian Murphy (Sunshine, Batman Begins) dans 28 jours plus tard, ...); il faut croire qu'il l'est aussi dans le choix de ses réalisateurs. Producteur intelligent, il place Robert Carlyle (Trainspotting, Full Monthy, Ravenous, ...), acteur connu en Europe et réputé exigeant sur la qualité des films dans lesquels il accepte de jouer, en tête d'affiche. Ce choix lui assure que le film ne sera pas classé en "horreur pour ados prépubères".
D'emblée, la couleur est annoncée: le film est noir, extrêmement noir! Les 5 premières minutes nous présentent Carlyle qui n'hésite pas à abandonner sa femme et le groupe qui l'aide pour sauver sa propre peau des "infectés".
Un quartier de Londres est sous haute sécurité américaine et protège un groupe de 15000 survivants des attaques des infectés cannibales. Toute personne mordue, en contact avec le sang ou la salive de ceux-ci devient l'un d'eux.
En 20 minutes, le virus est présent dans ce lieu "sécurisé" et les deux enfants de Carlyle, protégés par un médecin militaire et un sniper qui les savent naturellement protégé du virus (espoir de sérum), doivent traverser un Londres aux mains des "zombies "et des militaires qui ont ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Fesnadillo ne nous laisse alors aucun répis et l'on assiste à la fuite éperdue de ce petit groupe de survivants.
Les thèmes du film son nombreux et ont dû faire grincer des dents la bonne morale occidentale: éclatement de la cellule familiale (après avoir abandonné son épouse, le père infecté veut dévorer ses gosses), dénonciation de la connerie profonde de l'armée (refus d'écouter les scientifiques et foi absolue dans la puissance des armes à feu...face à un virus!), rappel de la déshumanisation en cas de danger (chacun pour soi et Dieu pour tous), ...
Les scènes d'action et de poursuite (nombreuses) sont filmées à l'épaule et décalées par une musique très douce. Cette manière de filmer est d'ailleurs parfois à la limite du regardable, surtout dans les scènes nocturnes, mais la tension est justement renforcée par cette difficulté de lecture de l'image.
On peut reprocher un manque de psychologie des personnages et un trop grande importance accordée à l'action pure, mais force est de constater que la recette est nénamoins efficace. Fesnadillo nous renvoie notre propre bestialité à la gueule, parfois en faisant référence à "28 jours plus tard". Un exemple? Dans "28 jours", le héros déshumanisé crève de ses pouces les yeux d'un militaire; dans "28 semaines", Carlyle, infecté, procède de la même façon pour son premier meurtre... La limite entre les humains et les enragés est franchie; les uns ne sont pas plus sauvages que les autres...
Avec une fin ouvertement pessimiste qui laisse entrevoir un troisième opus, "28 semaines plus tard" se place aisément dans le top des films d'horreur les plus noirs et les plus violents de ces dernières années.
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