La jeunesse du père Merrin, prêtre exorciste du classique de 1973: Merrin est hanté par l'horreur de la 2ème guerre mondiale et a perdu la foi. Nous sommes en 1949: Merrin est chargé par un collectionneur de retrouver sur un site archéologique Kényan un objet rare, une représentation du dieu Pazuzu, qui devrait se situer sous une église byzantine mise à jour par les fouilles. Arrivé sur place, son scepticisme fera place à un retour de foi lorsqu'il va être confronté à un authentique cas de possession.
Réalisé par Renny Harlin, ce film commandé par les studios est d'abord passé entre les mains de nombreux réalisateurs. Autant le dire tout de suite: c'est une bouse infâme, espèce de mixage et copier-coller de scènes qui ont fait le succès du film original.
Le père Merrin est interprété par Stellan Skarsgärd, excellent acteur habitué du cinéma de studio américain... Il livre ici le pire jeu d'acteur de sa carrière; à aucun moment il n'est crédible en prêtre ayant perdu la foi (il resemble plutôt à un mélange d'Indiana Jones de seconde zone et de père Fourras de fort boyard). Son retour vers Dieu se fait à une vitesse sidérante; les formules d'exorcisme employées pour chasser le démon (d'une pauvreté narrative qui laisse baba) fonctionnent en deux temps trois mouvements, en totale contradiction avec le combat des pères Merrin et Karras du film de 1973.
La personne possédée (je ne révèle pas le nom; gardons le "supense") garde étonnamment une très grande liberté de conscience et de mouvement (souvenons-nous du calvaire de la gamine de "L'Exorciste"), ne paraissant possédée que pour le dernier quart d'heure (débile) du film, où les stigmates apparaissent en quelques minutes à peine, figuré par un pâle maquillage honteusement pompé de la Regan du film original. Le démon se contente de proférer des insultes à conotations sexuelles pour lutter contre Merrin; on est très très loin de la confrontation psychologique vicieuse de Pazuzu face à Karras.
Les incohérences sont nombreuses:
- le début du film de 1973 montre un père Merrin, déjà très âgé, responsable de fouille au Kénya. C'est à ce moment qu'il découvre le site maudit. La version critiquée ici montre un père Merrin de tout au plus 40 ans.
- l'exorcisme en lui-même est réglé en une quinzaine de minutes montre en main; l'exorcisme pratiqué par deux prêtres, dont un spécialiste, dans la version de 1973, échoue lamentablement: le père Karras se sacrifie en se faisant posséder par le démon puis en se jetant par la fenêtre.
Les producteurs ont dû penser qu'il suffisait de placer une ou deux scènes "chocs", un maquillage pas joli et une petite scène de contortionnisme (les scènes de la tête à 360° et de l'"araignée" de Regan) pour retrouver l'ambiance proprement terrifiante de l'original.
Ils ont oublié qu'en 1973, il y avait: le roman de base de Blatty, véritable thriller horrifique; la réalisation de William Friedkin, véritable perfectionniste de l'image ne cédant aucune concession aux producteurs, exigeant de ses équipes une implication totale dans ses films; les interprétations sans faute d'Ellen Burstyn (vue récemment dans "Requiem for a dream"), de Max Von Sydow ("Le septième sceau, X-men, A nous la victoire",...) qui est un des plus grands acteurs tragiques de sa génération, de Jason Miller (le père Karras, très crédible dans son doute quant à l'existence de Dieu) et de Linda Blair, hallucinante gamine possédée.
Troquer un réalisateur comme Friedkin ("French connection, Cruising, Police fédérale Los Angeles, Le sang du châtiment, ...") contre un réalisateur de commande, troquer un roman excellent contre un scénario remanié dix fois pour échapper à la censure, troquer un casting prestigieux contre des acteurs pas trop inconnus et bankables, troquer la vision dun film d'auteur contre celle d'un blockbuster, ... Voici la recette miracle pour produire une bonne grosse bouse comme seul le cinéma américain peut en produire!
jeudi 29 mai 2008
dimanche 25 mai 2008
L'antre de la folie
Un agent d'assurance, John Trent (Sam Neill, excellent), est chargé par le directeur d'une maison d'édition (Charlton Heston, savoureux) de retrouver la poule aux oeufs d'or de la boîte, Sutter Cane (Jurgen Prochnow). L'écrivain d'horreur a disparu, et avec lui son dernier manuscrit... Trent, cartésien jusqu'au bout des ongles, va doucement basculer dans la folie alors qu'il se rend compte que le monde décrit par l'écrivain est on ne peut plus réel.
Réalisé en 1995, "L'antre de la folie " est, avec "Le Prince des ténèbres", le métrage le plus terrifiant réalisé par John Carpenter. La relation acteur-personnage-réalisateur-spectateur est ici portée à son paroxisme: lequel de ces actants du cinéma joue avec les autres, lequel mène la danse? Cette question, Carpenter se la posait déjà brillamment dans le classique de 1978 "Halloween" avec l'utilisation de la caméra subjective (on ne sait jamais vraiment quand il s'agit d'un simple plan de caméra ou des yeux de Michael Myers, le tueur du film) et tente une réponse avec ce film (à noter qu'il ira encore plus loin dans cette réflexion avec l'incroyable "La fin absolue du monde", épisode de la saison 1 des Masters of Horror que je vais bien finir par présenter sur ce blog). John Trent, au départ maître de son destin, devient le pantin de l'écrivain Sutter Cane. Le film est servi par un casting absolument fabuleux, que ce soit dans les rôles principuax ou dans la figuration: chaque personnage est d'une crédibilité à toute épreuve.
Le film mélange les références réelles (on ne peut s'empêcher de penser à Stephen King avec le personnage de Cane vivant tranquille dans un petit village; le personnage principal porte le prénom du réalisateur, ...) et la culture fantastique (nombreuses références à l'oeuvre de l'écrivain H.P. Lovecraft, la scène de la "contortionniste" rappelle furieusement Mégane dans "L'exorciste", les cerbères de la mythologie grecolatine, l'église de "La Malédiction", le village dont on ne peut sortir rappelle "Le prisonnier", le cycliste rappelle furieusement certaines scènes de la psychédélique série "Twin Peaks" de Lynch, ...).
Carpenter s'amuse furieusement dans ce film, ainsi que Sam Neill qui aurait pu devenir une véritable icône du cinéma d'horreur (il avait déjà joué dans le fabuleux "Event Horizon" et dans le sympathique "Jurassic Park"), à l'instar d'un Jeffrey Combs ou d'un Bruce Campbell, s'il avait eu la "malchance "de commencer sa carrière dans ce créneau (les deux acteurs cités en comparaison, pourtant excellents, n'ont jamais eu la confiance des producteurs pour jouer dans d'autres types de films). Dotés de scènes mémorables (je ne me lasserai jamais des tentatives de fuites avortées de Trent...qui revient à son point de départ à chaque fois!), le film offre quantité de niveau de lecture différents; c'est à celà que l'on repère un classique.
Il est à signaler qu'il ne faut surtout pas se fier au packaging fastueux de l'édition DVD Metroplitan; les bonus sont peu utiles: Carpenter ne sait décidément pas parler de ces films face à une caméra (faut dire, en sept minutes!), le reste n'est que du merchandising. Seule l'interview de Greg Nicoreto (disciple de Tom Savini, maître des effets spéciaux craspecs) est agréable à suivre. Le seul mérite de cette édition DVD, et c'est tout ce qu'on lui demande, est une copie irréprochable de ce film majeur du cinéma fantastique américain. Pour ceux qui voudraient s'informer sur l'oeuvre de Carpenter, je conseille la lecture de "Mythes et Masques, les fantômes de John Carpenter" et de "John Carpenter par John Carpenter".
Carpenter prouve une fois de plus avec ce film qu'il est l'un des cinéastes indépendants les plus importants des trente dernières années. Un classique à voir et à revoir!
Réalisé en 1995, "L'antre de la folie " est, avec "Le Prince des ténèbres", le métrage le plus terrifiant réalisé par John Carpenter. La relation acteur-personnage-réalisateur-spectateur est ici portée à son paroxisme: lequel de ces actants du cinéma joue avec les autres, lequel mène la danse? Cette question, Carpenter se la posait déjà brillamment dans le classique de 1978 "Halloween" avec l'utilisation de la caméra subjective (on ne sait jamais vraiment quand il s'agit d'un simple plan de caméra ou des yeux de Michael Myers, le tueur du film) et tente une réponse avec ce film (à noter qu'il ira encore plus loin dans cette réflexion avec l'incroyable "La fin absolue du monde", épisode de la saison 1 des Masters of Horror que je vais bien finir par présenter sur ce blog). John Trent, au départ maître de son destin, devient le pantin de l'écrivain Sutter Cane. Le film est servi par un casting absolument fabuleux, que ce soit dans les rôles principuax ou dans la figuration: chaque personnage est d'une crédibilité à toute épreuve.
Le film mélange les références réelles (on ne peut s'empêcher de penser à Stephen King avec le personnage de Cane vivant tranquille dans un petit village; le personnage principal porte le prénom du réalisateur, ...) et la culture fantastique (nombreuses références à l'oeuvre de l'écrivain H.P. Lovecraft, la scène de la "contortionniste" rappelle furieusement Mégane dans "L'exorciste", les cerbères de la mythologie grecolatine, l'église de "La Malédiction", le village dont on ne peut sortir rappelle "Le prisonnier", le cycliste rappelle furieusement certaines scènes de la psychédélique série "Twin Peaks" de Lynch, ...).
Carpenter s'amuse furieusement dans ce film, ainsi que Sam Neill qui aurait pu devenir une véritable icône du cinéma d'horreur (il avait déjà joué dans le fabuleux "Event Horizon" et dans le sympathique "Jurassic Park"), à l'instar d'un Jeffrey Combs ou d'un Bruce Campbell, s'il avait eu la "malchance "de commencer sa carrière dans ce créneau (les deux acteurs cités en comparaison, pourtant excellents, n'ont jamais eu la confiance des producteurs pour jouer dans d'autres types de films). Dotés de scènes mémorables (je ne me lasserai jamais des tentatives de fuites avortées de Trent...qui revient à son point de départ à chaque fois!), le film offre quantité de niveau de lecture différents; c'est à celà que l'on repère un classique.
Il est à signaler qu'il ne faut surtout pas se fier au packaging fastueux de l'édition DVD Metroplitan; les bonus sont peu utiles: Carpenter ne sait décidément pas parler de ces films face à une caméra (faut dire, en sept minutes!), le reste n'est que du merchandising. Seule l'interview de Greg Nicoreto (disciple de Tom Savini, maître des effets spéciaux craspecs) est agréable à suivre. Le seul mérite de cette édition DVD, et c'est tout ce qu'on lui demande, est une copie irréprochable de ce film majeur du cinéma fantastique américain. Pour ceux qui voudraient s'informer sur l'oeuvre de Carpenter, je conseille la lecture de "Mythes et Masques, les fantômes de John Carpenter" et de "John Carpenter par John Carpenter".
Carpenter prouve une fois de plus avec ce film qu'il est l'un des cinéastes indépendants les plus importants des trente dernières années. Un classique à voir et à revoir!
Bienvenue chez les Ch'tis
Un directeur de bureau de poste (Kad Merad) cherche à se faire muter sur la côte d'azur avec sa famille, afin que sa femme soit un peu moins dépressive. Afin d'obtenir un de ces postes tant convoité, il décide de se faire passer pour handicapé afin d'arriver en tête des candidatures.
Il est pris la main dans le sac et, comme réprimande, est muté dans le Nord-Pas-de-Calais. Il se liera d'amitié avec son équipe et entre autre avec le facteur (Dany Boon).
On ne peut que se réjouir du succès d'un film européen, mais on ne peut aussi que se poser des questions quant au succès incroyable du film de Dany Boon, qui bat à plat de couture le précédent record d'affluence dans les salles obscures détenu par le classique "La Grande Vadrouille". On retrouve le thème classique du personnage se croyant très supérieur (le directeur) qui va se lier d'amitié avec les habitants du coin qu'il prenait, avant de les rencontrer, pour des dégénérés; les scènes les plus drôles du film sont en effet, à mon sens, celles dans lesquelles Kad Merad est obligé de mentir à son épouse au téléphone. celle-ce est persuadée qu'il est impossible que son mari se plaise dans cette région sinistrée. L'amitié que portent à leur directeur les gens du bureau de poste est telle qu'ils iront jusqu'à simuler une fausse cité minière peuplée de crétins congénitaux afin de dégoûter la femme de leur chef de bureau pour qu'elle retourne dans le sud.
Nous avons bien sûr droit au classique happy-end.
Comment expliquer ce succès? Le thème du film est du revu et corrigé; il ne brille pas par son originalité. Les acteurs? Certes excellents (j'aime pas Dany Boon et ici, je l'ai trouvé sympa; Kad Merad fait bien sourire), avec de bons caméos (Michel Galabru, hilarant sur ses deux minutes d'écran), mais aussi avec des choix plus discutables (Line Renaud, insupportable comme à son habitude). La situation économique en France, qui n'est pas au beau fixe, les gens ont besoin de rigoler avec une bonne comédie populaire? Sans doute... Mais bon...
Si le film est, on ne peut le nier, vraiment sympathique, je ne peux néanmoins qu'affirmer ce que j'ai toujours pensé au sujet des distributeurs de films: ils profitent du fait que le spectateur lambda aime de "bons" dialogues avec de "bonnes" grosses blagues bien lourdes (le cul, les accents, ...) et maintiennent ainsi à l'affiche durant des mois ce qui fonctionne, au détriment d'autres films qui restent une semaine (l'excellent "The Mist", pour ne citer que cet exemple) voir qui ne sont même pas distribués... Car "Bienvenue chez les Ch'tis" n'est tout de même rien d'autre qu'une comédie moyennement drôle...
Succès populaire OK, cinéma populaire OK, mais quand pense-t-on au cinéphile? N'est-il pas possible de concilier les deux? Est-on obligé, à l'heure où j'écris ces lignes, de maintenir encore deux salles sur 14 pour le film de Boon et d'en réserver 5 sur 14 (si si! 5) pour le dernier Indiana Jones au complexe d'Imagibraine?
A croire qu'il ne sort qu'une cinquantaine de films par an...
Il est pris la main dans le sac et, comme réprimande, est muté dans le Nord-Pas-de-Calais. Il se liera d'amitié avec son équipe et entre autre avec le facteur (Dany Boon).
On ne peut que se réjouir du succès d'un film européen, mais on ne peut aussi que se poser des questions quant au succès incroyable du film de Dany Boon, qui bat à plat de couture le précédent record d'affluence dans les salles obscures détenu par le classique "La Grande Vadrouille". On retrouve le thème classique du personnage se croyant très supérieur (le directeur) qui va se lier d'amitié avec les habitants du coin qu'il prenait, avant de les rencontrer, pour des dégénérés; les scènes les plus drôles du film sont en effet, à mon sens, celles dans lesquelles Kad Merad est obligé de mentir à son épouse au téléphone. celle-ce est persuadée qu'il est impossible que son mari se plaise dans cette région sinistrée. L'amitié que portent à leur directeur les gens du bureau de poste est telle qu'ils iront jusqu'à simuler une fausse cité minière peuplée de crétins congénitaux afin de dégoûter la femme de leur chef de bureau pour qu'elle retourne dans le sud.
Nous avons bien sûr droit au classique happy-end.
Comment expliquer ce succès? Le thème du film est du revu et corrigé; il ne brille pas par son originalité. Les acteurs? Certes excellents (j'aime pas Dany Boon et ici, je l'ai trouvé sympa; Kad Merad fait bien sourire), avec de bons caméos (Michel Galabru, hilarant sur ses deux minutes d'écran), mais aussi avec des choix plus discutables (Line Renaud, insupportable comme à son habitude). La situation économique en France, qui n'est pas au beau fixe, les gens ont besoin de rigoler avec une bonne comédie populaire? Sans doute... Mais bon...
Si le film est, on ne peut le nier, vraiment sympathique, je ne peux néanmoins qu'affirmer ce que j'ai toujours pensé au sujet des distributeurs de films: ils profitent du fait que le spectateur lambda aime de "bons" dialogues avec de "bonnes" grosses blagues bien lourdes (le cul, les accents, ...) et maintiennent ainsi à l'affiche durant des mois ce qui fonctionne, au détriment d'autres films qui restent une semaine (l'excellent "The Mist", pour ne citer que cet exemple) voir qui ne sont même pas distribués... Car "Bienvenue chez les Ch'tis" n'est tout de même rien d'autre qu'une comédie moyennement drôle...
Succès populaire OK, cinéma populaire OK, mais quand pense-t-on au cinéphile? N'est-il pas possible de concilier les deux? Est-on obligé, à l'heure où j'écris ces lignes, de maintenir encore deux salles sur 14 pour le film de Boon et d'en réserver 5 sur 14 (si si! 5) pour le dernier Indiana Jones au complexe d'Imagibraine?
A croire qu'il ne sort qu'une cinquantaine de films par an...
samedi 10 mai 2008
Un plan simple
Sorti en 1998, ce film adapté d'un roman est un peu l'oublié des réalisations de Sam Raimi ("Evil Dead I, II, III; Darkman, Spider-man 1, 2, 3, ...") alors qu'il a remporté le Prix Spécial du Jury au célèbre Festival du Film Policier de Cognac en 1999.
Alors qu'ils retournent chez eux, trois hommes dont deux frères (Bill Paxton "Apollo 13, Terminator, Titanic, Twister" et Billy Bob Thornton "Armageddon, Primary Colors") découvrent en pleine forêt l'épave d'un petit avion. Dans celle-ci, le cadavre du pilote à moitié bouffé par les corbeaux, mais surtout un sac contenant 4 millions quatre cents mille dollars. Comme le groupe est composé de deux chômeurs et d'un comptable payé des clopinnettes, ils décident de garder l'argent; c'est le comptable, campé par Bill Paxton, qui garde le magot durant trois mois et le redistribuera si personne n'enquête sur celui-ci.
Commence alors un véritable jeu de trahison, de méfiance et de paranoia dont aucun ne sortira indemne, l'épouse enceinte du comptable (Bridget Fonda, "Jackie Brown, Jeune fille cherche appartement, Singles, Nom de code Nina") agravant les choses pour protéger sa famille au détriment de n'importe quelle autre personne.
"Jusqu'où iriez-vous pour garder un tel magot?", telle est la question lancée par Sam Raimi qui s'interroge sur le fait de risquer une vie de famille bien tranquille pour une forte somme d'argent manifestement sale. Le film (deux heures quand même) ne repose sur aucun effet, n'abuse de longs plans silencieux; il place simplement quelques personnes face à une situation qui leur échappe de plus en plus, décrite au travers de fabuleux dialogues. Le casting est absolument brillant, mais Billy Bob Thornton se surpasse dans le rôle de Jacob, personnage candide à la limite de l'innocence qui se raccroche à son enfance perdue. Il n'est pas exagéré de dire qu'une grande partie de l'intrigue repose sur ce personnage simple, voyant le bien partout et allant de désillusion en désillusion, principalement en observant les actes de son frère et de sa belle-soeur qui se transforment tout deux en véritables psychopates.
Ce thème de riquer sa peau et celle de sa famille pour des liasses de pognon sera repris plus tard par Cormac MacCarthy dans son fabuleux roman de 2005 "No country for old man", adapté brillammant au cinéma par les frères Cohen en 2008 (frères qui ont coécrits 20 ans plus tôt "Mort sur le grill" avec...Sam Raimi). Un grand romancier aurait-il pu être influencé par un grand cinéaste? Ce n'est pas impossible..
Ce film est une preuve supplémentaire que Raimi ne fut découvert que sur le tard par les gros studios hollywoodiens; il avait déjà une réputation (méritée) de réalisateur talentueux (voir culte) dans les milieux indépendants du cinéma, mais c'est la trilogie Spider-man qui le fera découvrir du grand public. La presse se targue alors de déclarer que cette trilogie est le chef d'oeuvre de Raimi... Quelle désinformation! Si on ne peut nier les qualités des Spider-man, ce ne sont jamais que des adaptations réussies de comic book, dotées de budget parmi les plus costaux de l'histoire du cinéma. Facile pour un réalisateur de la trempe de Raimi de réussir alors des blockbusters internationaux.
Mais quel mérite par rapport à un "Evil Dead" réalisé à la débrouille (film qui lancera la carrière de Bruce Campbell, acteur culte du cinéma de genre), par rapport au risque de réaliser "Darkman" à une époque où l'on ne veut que des héros optimistes, par rapport à ce fapuleux "Plan simple"?
Ceux qui ne connaissent de Raimi que les Spider-man doivent d'urgence se plonger dans la filmographie antérieure du réalisateur, disponible aujourd'hui grâce à ce support magique qu'est le DVD!
Alors qu'ils retournent chez eux, trois hommes dont deux frères (Bill Paxton "Apollo 13, Terminator, Titanic, Twister" et Billy Bob Thornton "Armageddon, Primary Colors") découvrent en pleine forêt l'épave d'un petit avion. Dans celle-ci, le cadavre du pilote à moitié bouffé par les corbeaux, mais surtout un sac contenant 4 millions quatre cents mille dollars. Comme le groupe est composé de deux chômeurs et d'un comptable payé des clopinnettes, ils décident de garder l'argent; c'est le comptable, campé par Bill Paxton, qui garde le magot durant trois mois et le redistribuera si personne n'enquête sur celui-ci.
Commence alors un véritable jeu de trahison, de méfiance et de paranoia dont aucun ne sortira indemne, l'épouse enceinte du comptable (Bridget Fonda, "Jackie Brown, Jeune fille cherche appartement, Singles, Nom de code Nina") agravant les choses pour protéger sa famille au détriment de n'importe quelle autre personne.
"Jusqu'où iriez-vous pour garder un tel magot?", telle est la question lancée par Sam Raimi qui s'interroge sur le fait de risquer une vie de famille bien tranquille pour une forte somme d'argent manifestement sale. Le film (deux heures quand même) ne repose sur aucun effet, n'abuse de longs plans silencieux; il place simplement quelques personnes face à une situation qui leur échappe de plus en plus, décrite au travers de fabuleux dialogues. Le casting est absolument brillant, mais Billy Bob Thornton se surpasse dans le rôle de Jacob, personnage candide à la limite de l'innocence qui se raccroche à son enfance perdue. Il n'est pas exagéré de dire qu'une grande partie de l'intrigue repose sur ce personnage simple, voyant le bien partout et allant de désillusion en désillusion, principalement en observant les actes de son frère et de sa belle-soeur qui se transforment tout deux en véritables psychopates.
Ce thème de riquer sa peau et celle de sa famille pour des liasses de pognon sera repris plus tard par Cormac MacCarthy dans son fabuleux roman de 2005 "No country for old man", adapté brillammant au cinéma par les frères Cohen en 2008 (frères qui ont coécrits 20 ans plus tôt "Mort sur le grill" avec...Sam Raimi). Un grand romancier aurait-il pu être influencé par un grand cinéaste? Ce n'est pas impossible..
Ce film est une preuve supplémentaire que Raimi ne fut découvert que sur le tard par les gros studios hollywoodiens; il avait déjà une réputation (méritée) de réalisateur talentueux (voir culte) dans les milieux indépendants du cinéma, mais c'est la trilogie Spider-man qui le fera découvrir du grand public. La presse se targue alors de déclarer que cette trilogie est le chef d'oeuvre de Raimi... Quelle désinformation! Si on ne peut nier les qualités des Spider-man, ce ne sont jamais que des adaptations réussies de comic book, dotées de budget parmi les plus costaux de l'histoire du cinéma. Facile pour un réalisateur de la trempe de Raimi de réussir alors des blockbusters internationaux.
Mais quel mérite par rapport à un "Evil Dead" réalisé à la débrouille (film qui lancera la carrière de Bruce Campbell, acteur culte du cinéma de genre), par rapport au risque de réaliser "Darkman" à une époque où l'on ne veut que des héros optimistes, par rapport à ce fapuleux "Plan simple"?
Ceux qui ne connaissent de Raimi que les Spider-man doivent d'urgence se plonger dans la filmographie antérieure du réalisateur, disponible aujourd'hui grâce à ce support magique qu'est le DVD!
mardi 29 avril 2008
funny games
Interpellé par les interviews de Michael Haneke sur le remake qu'il a tiré de son propre film de 1997 (car destiné au public américain, gavé de violence à la télé, mais boudé par celui-ci car film européen), j'ai cherché à trouver l'original plutôt que de voir le dit remake. J'ai eu la chance de tomber dessus à la Médiathèque, en déstockage...
Ais-je vraiment eu de la chance?
Un famille allemande aisée (le mari, la femme et leur petit garçon) emménagent pour les vacances dans une luxueuse villa au bord d'un lac. Deux jeunes gens de la haute portant des gants blancs viennent leur demander des oeufs. Ils s'incrustent tout doucement et, au moment où le père leur demande sortir, l'un des "invités" fracasse le genou de celui-ci avec un club de golf. Avec un calme olympien, l'un des jeunes expose le pari: dans 12 heures, ils seront morts et eux vivants.
Durant près de deux heures, j'ai vécu un cauchemar cinématographique alors qu'Haneke ne montre rien des tortures physiques, psychologiques et finalement du triple homicide qui va se commettre. Rien! Pas une image...mais du son! Des plans insupportablement longs d'un des tortionnaires se préparant un sandwich dans la cuisine tandis que dans le salon retentit un coup de feu suivi de cris; ceux d'une femme forcée à se déshabiller devant tous pour éviter que son fils, taie d'oreiller sur la tête, ne soit étouffé... Plus de trois minutes pour se déshabiller, avec de simples plans sur les visages, pas un espace de nudité à l'écran,... Aucun cut: toutce que subit cette famille est filmé en temps réel; les seules éllypses sont pour les plans extérieurs afin que passent les dites 12 heures du "pari".
Les criminels voient ça tour à tour comme un jeu, comme une discussion sur le thème de la vie et de la mort, comme un simple amusement, comme une échapatoire à leur petite vie de riches bourgeois étriquée... Ils nous prennent plusieurs fois à témoin, du début à la fin du métrage, en nous demandant, face à la caméra, nos avis sur le pari, nos impressions... La dernière image est d'ailleurs pour nous: un petit air de défi et de satisfaction, une petite oeillade complice l'air de dire "on recommence? vous en voulez encore?".
Aucun espoir pour cette famille dès le début; une fabuleuse scène nous faisant espérer un semblant de happy end (il y a déjà un mort lors de cette scène), typique aux films américains où l'on massacre 300 "terroristes" pour sauver la gentille petite fille blanche et catholique, subit un rembobinement type VHS et recommence, nous montrant que les tueurs ont le dessus.
Jamais, je dis bien jamais, un film ne m'a frappé à ce point. J'en ai pourtant vu des milliers, et pas toujours des plus optimistes. Mais là... ce coup de poing, porté par un casting absolulment fabuleux et à la fois horriblement détestable en partie (je les hais, ces deux gars! Une haine viscérale!), je ne l'oublierai jamais.
Un film que toute personne qui ne bouge plus devant les horreurs du JT et des films de fiction doit voir, mais que je ne voudrai pourtant moi-même plus jamais revoir. Je le conseille à tous (à partir de 18 ans, si pas plus!), mais je ne veux plus jamais revoir les visages de cette famille et de ces deux monstres tellement vrais, tellement humains. Je n'irai pas voir le remake et je conseille à tout amateur de voir le film de 1997, dans sa version originale allemande.
A l'heure ou nous avalons dans l'actualité une violence peu commune, à l'heure de cette fascination morbide qu'a la masse pour les tueurs en série, à l'heure où la violence des films d'horreur revient à celle des années 70, ... Ce film, rappelant que la violence est tout sauf un divertissement, est tout simplement l'une des oeuvres majeures de l'histoire du cinéma!
Je suis persuadé que "funny games" rejoindra le panthéon des films universellement reconnu et siègera aux côtés de "freaks", "orange mécanique", "la nuit du chasseur" et autres oeuvres immortelles traitant de la violence de nos sociétés.
Ais-je vraiment eu de la chance?
Un famille allemande aisée (le mari, la femme et leur petit garçon) emménagent pour les vacances dans une luxueuse villa au bord d'un lac. Deux jeunes gens de la haute portant des gants blancs viennent leur demander des oeufs. Ils s'incrustent tout doucement et, au moment où le père leur demande sortir, l'un des "invités" fracasse le genou de celui-ci avec un club de golf. Avec un calme olympien, l'un des jeunes expose le pari: dans 12 heures, ils seront morts et eux vivants.
Durant près de deux heures, j'ai vécu un cauchemar cinématographique alors qu'Haneke ne montre rien des tortures physiques, psychologiques et finalement du triple homicide qui va se commettre. Rien! Pas une image...mais du son! Des plans insupportablement longs d'un des tortionnaires se préparant un sandwich dans la cuisine tandis que dans le salon retentit un coup de feu suivi de cris; ceux d'une femme forcée à se déshabiller devant tous pour éviter que son fils, taie d'oreiller sur la tête, ne soit étouffé... Plus de trois minutes pour se déshabiller, avec de simples plans sur les visages, pas un espace de nudité à l'écran,... Aucun cut: toutce que subit cette famille est filmé en temps réel; les seules éllypses sont pour les plans extérieurs afin que passent les dites 12 heures du "pari".
Les criminels voient ça tour à tour comme un jeu, comme une discussion sur le thème de la vie et de la mort, comme un simple amusement, comme une échapatoire à leur petite vie de riches bourgeois étriquée... Ils nous prennent plusieurs fois à témoin, du début à la fin du métrage, en nous demandant, face à la caméra, nos avis sur le pari, nos impressions... La dernière image est d'ailleurs pour nous: un petit air de défi et de satisfaction, une petite oeillade complice l'air de dire "on recommence? vous en voulez encore?".
Aucun espoir pour cette famille dès le début; une fabuleuse scène nous faisant espérer un semblant de happy end (il y a déjà un mort lors de cette scène), typique aux films américains où l'on massacre 300 "terroristes" pour sauver la gentille petite fille blanche et catholique, subit un rembobinement type VHS et recommence, nous montrant que les tueurs ont le dessus.
Jamais, je dis bien jamais, un film ne m'a frappé à ce point. J'en ai pourtant vu des milliers, et pas toujours des plus optimistes. Mais là... ce coup de poing, porté par un casting absolulment fabuleux et à la fois horriblement détestable en partie (je les hais, ces deux gars! Une haine viscérale!), je ne l'oublierai jamais.
Un film que toute personne qui ne bouge plus devant les horreurs du JT et des films de fiction doit voir, mais que je ne voudrai pourtant moi-même plus jamais revoir. Je le conseille à tous (à partir de 18 ans, si pas plus!), mais je ne veux plus jamais revoir les visages de cette famille et de ces deux monstres tellement vrais, tellement humains. Je n'irai pas voir le remake et je conseille à tout amateur de voir le film de 1997, dans sa version originale allemande.
A l'heure ou nous avalons dans l'actualité une violence peu commune, à l'heure de cette fascination morbide qu'a la masse pour les tueurs en série, à l'heure où la violence des films d'horreur revient à celle des années 70, ... Ce film, rappelant que la violence est tout sauf un divertissement, est tout simplement l'une des oeuvres majeures de l'histoire du cinéma!
Je suis persuadé que "funny games" rejoindra le panthéon des films universellement reconnu et siègera aux côtés de "freaks", "orange mécanique", "la nuit du chasseur" et autres oeuvres immortelles traitant de la violence de nos sociétés.
samedi 26 avril 2008
Kingdom Hospital
Un artiste peintre renommé est renversé par un van alors qu'il fait son jogging matinal. Paralysé mais conscient, il voit le chauffard prendre la fuite et le laisser seul le long de la route, perdue au milieu des forêts du Maine. Un fourmilier, nommé Antubis, vient lui parler et lui annonce que pour chaque service qu'il lui rendra, il devra en rendre un autre. Arrive un chauffeur poid lourd qui appelle une ambulance. Le blessé est conduit au Kingdom Hospital, bâti sur le site d'une ancienne usine détruite par un incendie qui enleva la vie à une centaine d'enfants. Très vite, le blessé aura la vision d'une petite fille munie d'une cloche qui lui demandera son aide...
Cette série en 15 épisodes (le 1 et le 13 sont des doubles), écrite en grande partie par Lars Von Trier, Stephen King et Tabitha King, nous plonge dans l'univers d'un hôpital hanté par des esprits bienveillants et malveillants. Nous y suivons un grand nombre de personnages évoluant dans l'hôpital (une médium, son fils infirmier, les différents médecins, plusieurs malades) qui, chacun à leur manière, s'uniront ou se désuniront afin d'éviter(ou de provoquer) le destin funeste qui attend l'hôpital: la destruction par un tremblement de terre provoqué par les esprits revenchards des enfants morts dans l'incendie 70 ans plus tôt.
D'emblée, il convient de signaler que, contrairement à l'annonce du boîtier DVD, ce n'est pas une série d'horreur, mais une espèce d'"Urgences" mélangée à du thriller et du fantastique.
Souvent autobiographique pour Stephen King (l'artiste renversé sur la route, le gardien condamné à plus ou moins long terme à être aveugle, ...), la série mélange habilement plusieurs intrigues qui ne trouveront leur conclusion que dans le tout dernier épisode; impossible de deviner tous les tenants et aboutissants avant la conclusion, ce qui est assez rare que pour être signalé. Les intrigues sont tour à tour réalistes (enquête sur une erreur médicale, confrérie secrète de médecins, recherches sur le sommeil) puis fantastiques (la recherche de la vérité par la médium, les rêves dans l'Entre-mondes", les fantômes, ...), chacune apportant des éléments qui se croiseront. Aucune des intrigues n'est secondaire, toutes sont indispensables au récit.
Le casting, ou apparaissent parfois des visages connus du cinéma, est excellent et chaque personnage est suffisamment développé pour que l'on s'y intéresse. Stephen King fait sa petite apparition habituelle dans l'un des épisodes.
Seul bémol: King ne peut décidément plus s'empêcher de raconter une histoire sans y mettre une bonne dose de christiannisme (l'épisode 11!), devenant parfois incohérent avec lui-même: les croyants sont représentés ici comme les seuls capables de sauver l'hôpital; "The Mist" (actuellement au cinéma ) dénonce les fanatiques chrétiens, représentés comme bien plus dangereux que les créatures anthropophages se trouvant dans la brume. Heureusement, seul le 11ème épisode tourne à la n'importe quoi; les derniers ne font que rarement allusion à l'intervention divine telle que nous la concevons, ce sont surtout les religions polythéistes qui sont alors mises en avant.
Malgré le couac cité plus haut, il serait dommage de se priver d'une série qui est sans doute, malgré le manque réel d'horreur attendu par les amateurs de King, l'une des plus intrigantes et attachantes de ces dernières années. Un excellent divertissement.
Cette série en 15 épisodes (le 1 et le 13 sont des doubles), écrite en grande partie par Lars Von Trier, Stephen King et Tabitha King, nous plonge dans l'univers d'un hôpital hanté par des esprits bienveillants et malveillants. Nous y suivons un grand nombre de personnages évoluant dans l'hôpital (une médium, son fils infirmier, les différents médecins, plusieurs malades) qui, chacun à leur manière, s'uniront ou se désuniront afin d'éviter(ou de provoquer) le destin funeste qui attend l'hôpital: la destruction par un tremblement de terre provoqué par les esprits revenchards des enfants morts dans l'incendie 70 ans plus tôt.
D'emblée, il convient de signaler que, contrairement à l'annonce du boîtier DVD, ce n'est pas une série d'horreur, mais une espèce d'"Urgences" mélangée à du thriller et du fantastique.
Souvent autobiographique pour Stephen King (l'artiste renversé sur la route, le gardien condamné à plus ou moins long terme à être aveugle, ...), la série mélange habilement plusieurs intrigues qui ne trouveront leur conclusion que dans le tout dernier épisode; impossible de deviner tous les tenants et aboutissants avant la conclusion, ce qui est assez rare que pour être signalé. Les intrigues sont tour à tour réalistes (enquête sur une erreur médicale, confrérie secrète de médecins, recherches sur le sommeil) puis fantastiques (la recherche de la vérité par la médium, les rêves dans l'Entre-mondes", les fantômes, ...), chacune apportant des éléments qui se croiseront. Aucune des intrigues n'est secondaire, toutes sont indispensables au récit.
Le casting, ou apparaissent parfois des visages connus du cinéma, est excellent et chaque personnage est suffisamment développé pour que l'on s'y intéresse. Stephen King fait sa petite apparition habituelle dans l'un des épisodes.
Seul bémol: King ne peut décidément plus s'empêcher de raconter une histoire sans y mettre une bonne dose de christiannisme (l'épisode 11!), devenant parfois incohérent avec lui-même: les croyants sont représentés ici comme les seuls capables de sauver l'hôpital; "The Mist" (actuellement au cinéma ) dénonce les fanatiques chrétiens, représentés comme bien plus dangereux que les créatures anthropophages se trouvant dans la brume. Heureusement, seul le 11ème épisode tourne à la n'importe quoi; les derniers ne font que rarement allusion à l'intervention divine telle que nous la concevons, ce sont surtout les religions polythéistes qui sont alors mises en avant.
Malgré le couac cité plus haut, il serait dommage de se priver d'une série qui est sans doute, malgré le manque réel d'horreur attendu par les amateurs de King, l'une des plus intrigantes et attachantes de ces dernières années. Un excellent divertissement.
mercredi 23 avril 2008
Fanatique
Un groupe d'étudiants part sur une île de 6000 hectares, propriété d'un couple de cinéphiles, afin d'y étudier la faune pour améliorer leurs résultats scolaires. Le groupe est composé d'un bellâtre cinéphile, d'une "intello", d'une punk lesbienne, d'un asiatique homosexuel, d'un sportif surdéveloppé jusqu'au front, d'une nymphomane latino et d'un black fumeur de joints et fan de hip-hop. Ce petit groupe va allègrement être massacré par le couple propriétaire de l'île dont le passe-temps favori est de filmer des meurtres en remettant en scènes les crimes "cultes" de l'histoire du cinéma.
Pourquoi parler de ce qui ressemble à n'importe quel slasher des années 80 et 90? Justement parce que le film est volontairement cliché et référentiel, ce qui donne une lecture tout à fait ludique du métrage pour tout fan de cinéma bis digne de ce nom; ce n'est pas pour rien que le magazine Mad Movies (pourtant très critique des slashers sans surprises qui pullulent sur nos écrans) proposait ce film avec son édition du mois de mars 2008.
Si certaines images et répliques renvoient à des films connu du grand public ("Orca, Shinning, Massacre à la tronçonneuse, Ring, Psychose, ..."), d'autres sont plus subtiles (Le prof s'appelle Argento, affiches de "Mondo Cane" dans la maison, La maîtresse des lieux se nomme Mary Shelley, ...) et certaines réservées aux geeks absolus ("Killer Klowns from Other space", ...). N'ayant vu le film qu'une seule fois, je n'ai évidemment pas encore eu le temps de dresser une liste exhaustive des références, mais je ne mepriverai certainement pas de ce plaisir dès que l'occasion se présentera.
Les acteurs sont volontairement caricaturaux et branques; le film n'est pas destiné à faire peur, mais à mettre le fan devant une parodie plus respectueuse du matériau d'origine, au contraire des pitoyables soupes grand public à la "Scary Movies". Les sois-disant cinéphiles étudiants ne connaissent que les films d'horreur des 20 dernières années, exception faite des deux personnages principaux qui ne sont néanmoins capables de citer que des classiques reconnus (Boris Karloff, Bela Lugosi, Tod Browning, ...). Leur manque de connaissance des classiques "underground" sera d'ailleurs leur faiblesse: ils ne comprendront jamais ma logique des meurtriers et accumulent les erreurs ("On se divise en groupes, je vais faire pipi tout seul dans la forêt la nuit, je fume un gros pétard, ..."). Je le répète: aucune surprise au niveau des meurtres; mais comment vont-ils se dérouler?
Le scénario est néanmoins bien foutu car notre certitude sur l'identité du / des tueur(s) va en prendre un coup dans le dernier quart d'heure, en nous envoyant pourtant un gros cliché dans la gueule, admirablement bien placé dans l'intrigue.
Côté casting, on retrouve Juliet Landau (fille de Martin Landau, oscarisé dans "Ed Wood" de Burton pour son interprètation de Bela Lugosi), William Forsythe ("Devil's rejects") et Burt Young ( l'innoubliable beau-frère de Rocky Balboa).
Une bonne surprise dans le monde aseptisé du slasher contemporain.
Pourquoi parler de ce qui ressemble à n'importe quel slasher des années 80 et 90? Justement parce que le film est volontairement cliché et référentiel, ce qui donne une lecture tout à fait ludique du métrage pour tout fan de cinéma bis digne de ce nom; ce n'est pas pour rien que le magazine Mad Movies (pourtant très critique des slashers sans surprises qui pullulent sur nos écrans) proposait ce film avec son édition du mois de mars 2008.
Si certaines images et répliques renvoient à des films connu du grand public ("Orca, Shinning, Massacre à la tronçonneuse, Ring, Psychose, ..."), d'autres sont plus subtiles (Le prof s'appelle Argento, affiches de "Mondo Cane" dans la maison, La maîtresse des lieux se nomme Mary Shelley, ...) et certaines réservées aux geeks absolus ("Killer Klowns from Other space", ...). N'ayant vu le film qu'une seule fois, je n'ai évidemment pas encore eu le temps de dresser une liste exhaustive des références, mais je ne mepriverai certainement pas de ce plaisir dès que l'occasion se présentera.
Les acteurs sont volontairement caricaturaux et branques; le film n'est pas destiné à faire peur, mais à mettre le fan devant une parodie plus respectueuse du matériau d'origine, au contraire des pitoyables soupes grand public à la "Scary Movies". Les sois-disant cinéphiles étudiants ne connaissent que les films d'horreur des 20 dernières années, exception faite des deux personnages principaux qui ne sont néanmoins capables de citer que des classiques reconnus (Boris Karloff, Bela Lugosi, Tod Browning, ...). Leur manque de connaissance des classiques "underground" sera d'ailleurs leur faiblesse: ils ne comprendront jamais ma logique des meurtriers et accumulent les erreurs ("On se divise en groupes, je vais faire pipi tout seul dans la forêt la nuit, je fume un gros pétard, ..."). Je le répète: aucune surprise au niveau des meurtres; mais comment vont-ils se dérouler?
Le scénario est néanmoins bien foutu car notre certitude sur l'identité du / des tueur(s) va en prendre un coup dans le dernier quart d'heure, en nous envoyant pourtant un gros cliché dans la gueule, admirablement bien placé dans l'intrigue.
Côté casting, on retrouve Juliet Landau (fille de Martin Landau, oscarisé dans "Ed Wood" de Burton pour son interprètation de Bela Lugosi), William Forsythe ("Devil's rejects") et Burt Young ( l'innoubliable beau-frère de Rocky Balboa).
Une bonne surprise dans le monde aseptisé du slasher contemporain.
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