Dans un monde resemblant fortement aux Etats Unis dans les années 50, un virus transforme une grande partie de la population en zombies cannibales. Une société privée met au point un collier qui permey d'en faire, au choix, des esclaves, des compagnons de jeux, ... Les villes sont entourées de grilles les séparants des zombies non domestiqués. Un jeune garçon voit arriver dans sa famille un zombie qu'il prénomme Fido. Le père est farouchement opposé à la possession d'un zombie (il a dû tuer son propre père qui menaçait de le dévorer et a depuis une véritable phobie); la mère s'y attache et développe un amour platonique envers la créature.
Seulement, les colliers ont des ratés et Fido dévore quelques voisins...
Basé sur le pitch original de la domestication des zombies (déjà entamé par Romero dans "Le jour des morts vivants" en 1986), le film peine à trouver sa voie entre l'horreur pure et la parodie.
En effet, les rares scènes de canibalisme propres au genre ne sont guère réussie d'un point de vue graphique, et l'humour n'est pas assez féroce, tendant plutôt vers un "Mariage de mon meilleur ami" version zombie. Le seul personnage à arracher un sourire est celui du voisin, amoureux de sa morte vivante.
Le personnage de la mère, campé par Carrie Anne Moss (The Matrix), est attachant par son envie de préserver une certaine normalité envers ses voisins (il faut avoir un zombie domestique) et par l'ambiguité de ses sentiments envers Fido. Son mari, complètement obsédé par ses funérailles (toute la famille est assurée pour avoir un enterrement et ne pas finr en zombie; buisness is buisness!), ne se réjouit pas de la grossesse de son épouse car il n'aura pas les moyens d'économiser pour les obsèques d'un deuxième enfant.
En bref, Fido regorge d'excellentes idées peu exploitées. Il n'en reste pas moins un bon divertissement mais ni les amateurs d'horreur ou de comédies horrifiques à la "Shaun of the dead" n'en auront pour leur argent.
Un film passable.
lundi 17 mars 2008
mercredi 20 février 2008
13 Tzameti
Sébastien, un jeune ouvrier de 22 ans travaillant sur le toit d'une maison, entend son employeur du moment parler d'un courrier qui devrait lui rapporter une jolie somme d'argent. Lorsque celui-ci meurt d'une overdose dans sa baignoire, Sébastien s'empare du courrier et décide de suivre les indications, croyant sans doute trouver un petit boulot illégal qui lui assurerait une jolie somme. Arrivé au terme de son voyage, il découvre qu'il est le numéro 13 d'un jeu dans lequel il va mettre sa vie en péril, un jeu dans lequel il va être forcé de tuer.
Le premier film de Gela Babluani (qui joue aussi le personnage principal) fait partie de ces métrages français qui se veulent d'auteur et intellectuels, mais qui n'en n'ont que la forme.
Filmé entièrement en noir et blanc, nous découvrons de très jolis cadrages, mais également très clichés: je filme les pieds qui marchent, je fais un gros plan sur la clé dans la serrure, je filme le visage qui réfléchit (enfin, il paraît), je filme de longs blanc entre deux personnages,... La descente aux enfers du héros ne donne lieu à aucune remise en question de celui-ci, et le réalisateur ne s'intéresse pas une minute à la psychologie des personnages qu'ils présentent, que ce soit les joueurs ou les parieurs.
Le film est également bourré d'invraisemblances: c'est un inconnu qui arrive et on le laisse jouer, les parieurs amènent de l'argent comptant (des millions d'euros) et pas un seul joueur ne propose aux autres de braquer ceux-ci, alors qu'ils sont armés de revolvers et qu'on ne voit aucun garde armé. L'arbitre annonce des règles aux mafieux (ne pas monter sur le "ring") qu'aucun ne respecte vraiment, le positionnement des joueurs lorsqu'ils se tirent dessus (chacun vise la nuque de celui qui est devant lui, avec 1, 2 ou 3 balles dans son chargeur) est illogique: la balle devrait logiquement traverser la nuque et tuer celui qui se trouve après, ...
Ce qui aurait pu être un honnête petit trhiller devient, par l'ambition de son réalisateur, un film dans lequel il ne se passe rien; je n'ai rien contre, Kitano est expert dans ce genre de métrages et j'adore ce qu'il fait, mais un film dans lequel il ne se passe rien et qui ne raconte rien ne peut fatalement provoquer qu'une seule chose: un ennui profond.
Je parlerai aussi du jeu d'acteur qui frôle le ridicule: le héros qu'il est gentil et qu'il comprend pas ce qui lui arrive, les méchants qui ont dû être engagé sur leur physique (au plus je suis prognate et poilu, au plus que je suis un gros méchant qui prend plaisir au jeu!), ...
Bref, 13 Tzameti accumule les clichés et on est en totale overdose.
Une énorme déception au vu des récompenses (Festival de Venise, Sundance) emportées par Babluani.
Le premier film de Gela Babluani (qui joue aussi le personnage principal) fait partie de ces métrages français qui se veulent d'auteur et intellectuels, mais qui n'en n'ont que la forme.
Filmé entièrement en noir et blanc, nous découvrons de très jolis cadrages, mais également très clichés: je filme les pieds qui marchent, je fais un gros plan sur la clé dans la serrure, je filme le visage qui réfléchit (enfin, il paraît), je filme de longs blanc entre deux personnages,... La descente aux enfers du héros ne donne lieu à aucune remise en question de celui-ci, et le réalisateur ne s'intéresse pas une minute à la psychologie des personnages qu'ils présentent, que ce soit les joueurs ou les parieurs.
Le film est également bourré d'invraisemblances: c'est un inconnu qui arrive et on le laisse jouer, les parieurs amènent de l'argent comptant (des millions d'euros) et pas un seul joueur ne propose aux autres de braquer ceux-ci, alors qu'ils sont armés de revolvers et qu'on ne voit aucun garde armé. L'arbitre annonce des règles aux mafieux (ne pas monter sur le "ring") qu'aucun ne respecte vraiment, le positionnement des joueurs lorsqu'ils se tirent dessus (chacun vise la nuque de celui qui est devant lui, avec 1, 2 ou 3 balles dans son chargeur) est illogique: la balle devrait logiquement traverser la nuque et tuer celui qui se trouve après, ...
Ce qui aurait pu être un honnête petit trhiller devient, par l'ambition de son réalisateur, un film dans lequel il ne se passe rien; je n'ai rien contre, Kitano est expert dans ce genre de métrages et j'adore ce qu'il fait, mais un film dans lequel il ne se passe rien et qui ne raconte rien ne peut fatalement provoquer qu'une seule chose: un ennui profond.
Je parlerai aussi du jeu d'acteur qui frôle le ridicule: le héros qu'il est gentil et qu'il comprend pas ce qui lui arrive, les méchants qui ont dû être engagé sur leur physique (au plus je suis prognate et poilu, au plus que je suis un gros méchant qui prend plaisir au jeu!), ...
Bref, 13 Tzameti accumule les clichés et on est en totale overdose.
Une énorme déception au vu des récompenses (Festival de Venise, Sundance) emportées par Babluani.
lundi 11 février 2008
No country for old man
Les frères Coen signent avec ce métrage leur premier film non personnel puisqu'il s'agit de l'adaptation d'un livre du remarquable Cormac McCarthy ("De si jolis chevaux"). Inutile donc de se poser la question mais j'y réponds quand même: non, ce film n'entretient aucun rapport avec la filmographie des Coen; seul "Fargo" pourrait éventuellement trouver quelques thèmes communs.
Il est nénmoins évident que ce film possède la patte des deux frères: l'image, la façon de filmer, de diriger les acteurs, ... est typiquement "Coennienne". La fusion de l'univers de McCarthy et de la vision des Coen est tout simplement magnifique.
Un homme (Josh Brolin) trouve par hasard et en plein milieu du désert plusieurs cadavres autour de véhicules. Il comprend bien vite qu'il s'agit d'un deal qui a mal tourné. Le seul survivant de la fusillade est blessé à mort et réclame de l'eau. L'ignorant totalement, Brolin piste l'homme qui s'est manifestement enfui blessé en emportant l'argent qui ne se trouve pas sur la scène du crime, au contraire de la drogue. Il découvre le cadavre et une valise contenant 2 millions de dollars. Il rentre à sa caravane et, culpabilisé d'avoir abandonné un mourrant dans le désert, retourne de nuit sur les lieux de l'échange. mal lui en prend car il est blessé par balles et doit prendre la fuite avec la valise après avoir envoyé sa femme chez sa belle-mère.
Commence alors une terrible chasse à l'homme.
Le film tient principalement sur cette chasse à l'homme. le tueur, campé par un Javier Bardem méconnaissable et largement oscarisable pour sa prestation, ne laisse aucun survivant sur sa route et ne semble pas pouvoir être arrêté. Il ne laissse aucune chance à ses victimes principales; les secondaires ont parfois droit à un salut en jouant à pile ou face. Bardem ne joue pas un tueur, il joue La Mort, tout simplement inévitable (que les amateurs de happy end sortent de la salle; ils en seront pour leurs frais). Le policier responsable de l'enquête (Tommy Lee Jones, brillant comme à son habitude) ne fait pas de zèle car proche de la retraite.
Filmé à la façon d'un western moderne (les plans filmés en extérieur dans le désert sont d'une beauté confondante), ce film peut perturber les fans pur et dur des frères Coen, habitués à des histoires entièrement créées et maîtisées par ceux-ci. Mais il est clair qu'après "Intolérable cruauté" et "Ladykillers", films réussis mais en deçà des productions antérieures, Joel et Ethan Coen apportent la preuve qu'ils comptent parmi les cinéastes les plus doués de leur génération et qu'ils sont capables d'apporter une touche personnelle à l'adaptation d'un roman pourtant déjà très visuel à l'écrit. Un vrai tour de force.
A noter également la présentation du film en salle avec un court métrage d'un jeune homme nous expliquant ce que nous allons voir et dans lequel nous avons une nouvelle preuve de l'ego démesuré de Tarantino (voir "Grindhouse") qui avait réalisé (mais oui!) la cassette d'audition d'un de leur protégé pour impressionner les Coen. La réponse de ceux-ci: "Bel éclairage!". Garder une telle intégrité créatrice est de plus en plus rare.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher, en tant que fan de cinéma de genre, de signaler la courte apparition de Woody Harrelson ("Natural born killers") ainsi que celle de Danny Trejo ("une nuit en enfer", "Con air", "Machette", Devil's rejects", ...), même pas créditée, qui joue ici...le cadavre du porteur d'argent!
Il est nénmoins évident que ce film possède la patte des deux frères: l'image, la façon de filmer, de diriger les acteurs, ... est typiquement "Coennienne". La fusion de l'univers de McCarthy et de la vision des Coen est tout simplement magnifique.
Un homme (Josh Brolin) trouve par hasard et en plein milieu du désert plusieurs cadavres autour de véhicules. Il comprend bien vite qu'il s'agit d'un deal qui a mal tourné. Le seul survivant de la fusillade est blessé à mort et réclame de l'eau. L'ignorant totalement, Brolin piste l'homme qui s'est manifestement enfui blessé en emportant l'argent qui ne se trouve pas sur la scène du crime, au contraire de la drogue. Il découvre le cadavre et une valise contenant 2 millions de dollars. Il rentre à sa caravane et, culpabilisé d'avoir abandonné un mourrant dans le désert, retourne de nuit sur les lieux de l'échange. mal lui en prend car il est blessé par balles et doit prendre la fuite avec la valise après avoir envoyé sa femme chez sa belle-mère.
Commence alors une terrible chasse à l'homme.
Le film tient principalement sur cette chasse à l'homme. le tueur, campé par un Javier Bardem méconnaissable et largement oscarisable pour sa prestation, ne laisse aucun survivant sur sa route et ne semble pas pouvoir être arrêté. Il ne laissse aucune chance à ses victimes principales; les secondaires ont parfois droit à un salut en jouant à pile ou face. Bardem ne joue pas un tueur, il joue La Mort, tout simplement inévitable (que les amateurs de happy end sortent de la salle; ils en seront pour leurs frais). Le policier responsable de l'enquête (Tommy Lee Jones, brillant comme à son habitude) ne fait pas de zèle car proche de la retraite.
Filmé à la façon d'un western moderne (les plans filmés en extérieur dans le désert sont d'une beauté confondante), ce film peut perturber les fans pur et dur des frères Coen, habitués à des histoires entièrement créées et maîtisées par ceux-ci. Mais il est clair qu'après "Intolérable cruauté" et "Ladykillers", films réussis mais en deçà des productions antérieures, Joel et Ethan Coen apportent la preuve qu'ils comptent parmi les cinéastes les plus doués de leur génération et qu'ils sont capables d'apporter une touche personnelle à l'adaptation d'un roman pourtant déjà très visuel à l'écrit. Un vrai tour de force.
A noter également la présentation du film en salle avec un court métrage d'un jeune homme nous expliquant ce que nous allons voir et dans lequel nous avons une nouvelle preuve de l'ego démesuré de Tarantino (voir "Grindhouse") qui avait réalisé (mais oui!) la cassette d'audition d'un de leur protégé pour impressionner les Coen. La réponse de ceux-ci: "Bel éclairage!". Garder une telle intégrité créatrice est de plus en plus rare.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher, en tant que fan de cinéma de genre, de signaler la courte apparition de Woody Harrelson ("Natural born killers") ainsi que celle de Danny Trejo ("une nuit en enfer", "Con air", "Machette", Devil's rejects", ...), même pas créditée, qui joue ici...le cadavre du porteur d'argent!
Hot Fuzz
L'équipe gagnante du délirant "Shaun of the dead" (magnifique parodie du "Dawn of the dead" de George A. Romero) remet le couvert pour, cette fois, une brillante parodie du film d'action type "Die hard" et du film noir. Nous retrouvons donc Edgar Wright à la réalisation et le duo comique hilarant Simon Pegg/Nick Frost.
Un flic parfait (Pegg) est muté dans "le plus beau village d'Angleterre" par ses supérieurs londonniens car son palmarès professionnel fait passer n'importe quel autre flic pour un incapable. Arrivé dans cette ville apparamment parfaite, il se lie d'amitié avec un flic alcoolo et gaffeur fan de "Bad boys 2" et "Point break" (Nick Frost). Notre flicard londonnien va vite se rendre compte que la tranquilité de cette ville n'est qu'apparente car plusieurs morts plus que louches, qualifiées d'accidents par la population et ses supérieurs, le mettent sur la piste d'un tueur en série.
Si nos britishs avaient déjà réussi un formidable métrage avec "Shaun of the dead", "Hot fuzz" est un remarquable hommage au film d'action. Reprenant tout les codes (la fusillade dans le village, tournée comme un véritable blockbuster type "l'arme fatale", est dors et déjà culte) en les poussant aux limites du ridicules, Edgar Wright n'oublie pas non plus le côté scénaristique et offre un véritable thriller comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Là est la force de ce film: on se marre mais on se pose des questions; les scènes de pur délire alternent avec des scènes repoussantes (la découverte du charnier), ... Les amateurs de scènes plus gores ne seront d'ailleurs pas en reste, les meurtres étant dignes des meilleurs slashers des années 70 et 80 (l'empalement de Timothy Dalton est tout simplement dégeulasse!).
Le casting n'est pas en reste car outre les acteurs déjà vus dans "Shaun...", Wright s'offre les services de Timothy Dalton (James Bond) dans un rôle de gérant de supermarché absolument délicieux. Je vous défie même de trouver deux stars non créditées au générique mais qui font une courte apparition déguisée: Peter Jackson ("Bad Taste, Braine dead, Le seigneur des anneaux") et Cate Blanchett ("Coffee and cigarettes, Elizabeth"); pas mal pour un deuxième film.
A l'instar de "Shaun of the dead", Edgar Wright signe une deuxième oeuvre jouissive et se pose comme un cinéaste majeur du cinéma européen.
Un flic parfait (Pegg) est muté dans "le plus beau village d'Angleterre" par ses supérieurs londonniens car son palmarès professionnel fait passer n'importe quel autre flic pour un incapable. Arrivé dans cette ville apparamment parfaite, il se lie d'amitié avec un flic alcoolo et gaffeur fan de "Bad boys 2" et "Point break" (Nick Frost). Notre flicard londonnien va vite se rendre compte que la tranquilité de cette ville n'est qu'apparente car plusieurs morts plus que louches, qualifiées d'accidents par la population et ses supérieurs, le mettent sur la piste d'un tueur en série.
Si nos britishs avaient déjà réussi un formidable métrage avec "Shaun of the dead", "Hot fuzz" est un remarquable hommage au film d'action. Reprenant tout les codes (la fusillade dans le village, tournée comme un véritable blockbuster type "l'arme fatale", est dors et déjà culte) en les poussant aux limites du ridicules, Edgar Wright n'oublie pas non plus le côté scénaristique et offre un véritable thriller comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Là est la force de ce film: on se marre mais on se pose des questions; les scènes de pur délire alternent avec des scènes repoussantes (la découverte du charnier), ... Les amateurs de scènes plus gores ne seront d'ailleurs pas en reste, les meurtres étant dignes des meilleurs slashers des années 70 et 80 (l'empalement de Timothy Dalton est tout simplement dégeulasse!).
Le casting n'est pas en reste car outre les acteurs déjà vus dans "Shaun...", Wright s'offre les services de Timothy Dalton (James Bond) dans un rôle de gérant de supermarché absolument délicieux. Je vous défie même de trouver deux stars non créditées au générique mais qui font une courte apparition déguisée: Peter Jackson ("Bad Taste, Braine dead, Le seigneur des anneaux") et Cate Blanchett ("Coffee and cigarettes, Elizabeth"); pas mal pour un deuxième film.
A l'instar de "Shaun of the dead", Edgar Wright signe une deuxième oeuvre jouissive et se pose comme un cinéaste majeur du cinéma européen.
samedi 26 janvier 2008
Vacuum Killer
Film 100% pur belge réalisé par Chris LAmot, alias Doctor Chris, qui y joue Chris, un assistant de laboratoire dégoûté par le renvoi de sa mère, technicienne de surface dans une maison de disques. Celle-ci se suicide de désespoir; son mari (Jacques Verbist), alcoolo chômeur accro aux jaux télévisés, ne trouve rien de mieux à faire que de se marrer. Chris bascule alors dans la violence en fracassant le crâne de son père et trouve refuge chez Jim l'Alien (Hervé Joway, également responsable de la BO), son dealer.
Un accident de laboratoire aggrave encore la folie de Chris qui se greffe un aspirateur à l'avant bras et décide de nettoyer la société de la pourriture qui l'exploite. Commence alors une longue série de meurtres.
Que dire de ce pur délire à la belge? C'est un joyeux foutoir organisé qui ne se prend jamais au sérieux, délivrant néanmoins un message social d'une manière peu commune. Sélectionné pour le BIFFF, le film est présenté au marché de Cannes par son réalisateur et le voici enfin disponible en DVD.
Malgré quelques défauts imputables au budget serré (et autoproduit), on ne peut qu'appauldir ce métrage qui rappelle la bonne époque Troma (et le revendique clairement), présentant des acteurs qui se sont manifestement bien marrés sur le tournage. Les téléphages reconnaîtront d'ailleurs peut-être Aldo Palucci (qui joue le facteur) qui fit la une d'un reportage de Streap Tease sur la Une.
Pour résumer, tout amateur de Bis qui se respecte se doit d'encourager et de découvrir cette perle, unique en son genre, véritable déclaration d'amour d'un réalisateur belge face à un cinéma d'horreur de plus en plus aseptisé. Aux dernières nouvelles, Chris s'attaque à son projet de second métrage, "Trasho familio".
Pour plus d'infos, voir le site en lien.
Un accident de laboratoire aggrave encore la folie de Chris qui se greffe un aspirateur à l'avant bras et décide de nettoyer la société de la pourriture qui l'exploite. Commence alors une longue série de meurtres.
Que dire de ce pur délire à la belge? C'est un joyeux foutoir organisé qui ne se prend jamais au sérieux, délivrant néanmoins un message social d'une manière peu commune. Sélectionné pour le BIFFF, le film est présenté au marché de Cannes par son réalisateur et le voici enfin disponible en DVD.
Malgré quelques défauts imputables au budget serré (et autoproduit), on ne peut qu'appauldir ce métrage qui rappelle la bonne époque Troma (et le revendique clairement), présentant des acteurs qui se sont manifestement bien marrés sur le tournage. Les téléphages reconnaîtront d'ailleurs peut-être Aldo Palucci (qui joue le facteur) qui fit la une d'un reportage de Streap Tease sur la Une.
Pour résumer, tout amateur de Bis qui se respecte se doit d'encourager et de découvrir cette perle, unique en son genre, véritable déclaration d'amour d'un réalisateur belge face à un cinéma d'horreur de plus en plus aseptisé. Aux dernières nouvelles, Chris s'attaque à son projet de second métrage, "Trasho familio".
Pour plus d'infos, voir le site en lien.
jeudi 24 janvier 2008
Seul contre tous
L'éditeur "Studiocanal" a eu l'intelligence de proposer le dvd accompagné du court métrage "Carne" qui met en scène tous ce qui résumé au début du long: un boucher orphelin (Philippe Nahon, brillant) élève seul sa fille autiste. Il la croit violée par un ouvrier et s'empresse de se rendre sur le chantier où il défigure un innocent. Pour abaisser sa peine de prison, il vend boucherie et appartement. Commence alors sa descente aux enfers. Sa fille est placée dans une institution. A la sortie de prison, il trouve un job de "technicien de surface" chez une patronne de bistro, qui devient sa maîtresse et tombe enceinte. Il est lui est interdit de voir sa fille; on le soupçonne de relations incestueuse. Il part refaire sa vie avec la patronne en dehors de Paris. Fin
Le film démarre là ou le court s'arrête. Les promesses de sa maîtresse (lui offrir le bail d'une boucherie) se font attendre. Ils vivent chez sa belle-mère et notre homme supporte de moins en moins sa nouvelle famille. Lors d'une dispute violente, il plaque tout et revient à Paris pour refaire sa vie. Chaque essai se solde par un échec. Résolu d'en finir, il récupère sa fille et décide de la tuer, puis de se suicider. Il renonce au dernier moment et se rend coupable de l'inceste contre lequel il lutte de puis des années. Le film se referme sur un homme heureux, revenu à la vie dans les bras de sa fille qui n'est plus pour lui qu'une femme qu'il aime.
Gaspar Noé apporte une profonde réflexion d'un individu face aux lois et à la morale qui lui sont imposés; le boucher tente de s'intégrer dans la société mais la voix off de Nahon révèle la vérité: il est asocial et a une profonde haine envers les autres qui ne demande qu'à faire surface. Des messages s'adressant directement au spectateur ponctuent le film ("Etes-vous à l'abris d'un dérapage?", "Vous pouvez tout perdre en une seconde", ...), lui rappelant que l'animal qu'ils voient évoluer dans cette fiction n'est qu'un reflet de n'importe quel être humain.
Le boucher est poussé à bout et en veut au monde entier. Des pulsions violentes lui traversent l'esprit: homicide, torture, sévice sexuel, infanticide (concrétisé lors du passage à tabac de sa maîtresse enceinte), inceste, xénophobie, tendance suicidaire, paranoïa profonde, ... Durant l'entièreté du film, on se croit dans une oeuvre d'anticipation, tant l'atmosphère est étouffante et rappelle une dictature d'extrême droite; nous ne sommes pourtant qu'en France, de nos jours.
L'homme ne trouve son salut et sa sortie des enfers que dans un acte considéré comme l'un des plus grave dans notre société: l'inceste. Il décidé d'aimer sa fille comme une femme et envoie ainsi balader une société qui lui impose son point de vue.
On peut discuter longtemps du pour et du contre du message, mais ce film ne laisse pas indifférent et remet en question l'idée même de la société: vivons-nous en société ou n'est-ce qu'une apparence? Chacun vit-il pour soi et n'entretient-il des contacts humains que par intérêt, peur d'être jugé ou peur de laisser éclater sa vraie nature? Qu'adviendra-t-il de nos amis, de nos familles, si nous avons le toupet de déraper à un moment? Y aura-t-il une main secourable ou nous laissera-t-on crever dans le caniveau?
Noé pose un film de société dérangeant mais à mon sens brillant et indispensable. Philippe Nahon, qui vit son personnage, donne à la vision de Noé une vérité crue que l'on avait plus vue depuis longtemps dans le petit monde du septième art.
Le film démarre là ou le court s'arrête. Les promesses de sa maîtresse (lui offrir le bail d'une boucherie) se font attendre. Ils vivent chez sa belle-mère et notre homme supporte de moins en moins sa nouvelle famille. Lors d'une dispute violente, il plaque tout et revient à Paris pour refaire sa vie. Chaque essai se solde par un échec. Résolu d'en finir, il récupère sa fille et décide de la tuer, puis de se suicider. Il renonce au dernier moment et se rend coupable de l'inceste contre lequel il lutte de puis des années. Le film se referme sur un homme heureux, revenu à la vie dans les bras de sa fille qui n'est plus pour lui qu'une femme qu'il aime.
Gaspar Noé apporte une profonde réflexion d'un individu face aux lois et à la morale qui lui sont imposés; le boucher tente de s'intégrer dans la société mais la voix off de Nahon révèle la vérité: il est asocial et a une profonde haine envers les autres qui ne demande qu'à faire surface. Des messages s'adressant directement au spectateur ponctuent le film ("Etes-vous à l'abris d'un dérapage?", "Vous pouvez tout perdre en une seconde", ...), lui rappelant que l'animal qu'ils voient évoluer dans cette fiction n'est qu'un reflet de n'importe quel être humain.
Le boucher est poussé à bout et en veut au monde entier. Des pulsions violentes lui traversent l'esprit: homicide, torture, sévice sexuel, infanticide (concrétisé lors du passage à tabac de sa maîtresse enceinte), inceste, xénophobie, tendance suicidaire, paranoïa profonde, ... Durant l'entièreté du film, on se croit dans une oeuvre d'anticipation, tant l'atmosphère est étouffante et rappelle une dictature d'extrême droite; nous ne sommes pourtant qu'en France, de nos jours.
L'homme ne trouve son salut et sa sortie des enfers que dans un acte considéré comme l'un des plus grave dans notre société: l'inceste. Il décidé d'aimer sa fille comme une femme et envoie ainsi balader une société qui lui impose son point de vue.
On peut discuter longtemps du pour et du contre du message, mais ce film ne laisse pas indifférent et remet en question l'idée même de la société: vivons-nous en société ou n'est-ce qu'une apparence? Chacun vit-il pour soi et n'entretient-il des contacts humains que par intérêt, peur d'être jugé ou peur de laisser éclater sa vraie nature? Qu'adviendra-t-il de nos amis, de nos familles, si nous avons le toupet de déraper à un moment? Y aura-t-il une main secourable ou nous laissera-t-on crever dans le caniveau?
Noé pose un film de société dérangeant mais à mon sens brillant et indispensable. Philippe Nahon, qui vit son personnage, donne à la vision de Noé une vérité crue que l'on avait plus vue depuis longtemps dans le petit monde du septième art.
mercredi 23 janvier 2008
Rocky Balboa
Sylvester Stallone a récemment déclaré qu'il n'avait pas oublié devoir une grande partie de sa popularité grâce à ce "petit boxeur de Philadelphie". Il voulait donc lui rendre un dernier hommage en lui faisant quitter le monde du ring et du septième art par la grande porte.
Rocky, 10 fois nominé aux oscars en 1976, lança la carrière de Stallone (ainsi que Rambo, mais ce métrage n'est pas personnel).
Le deuxième opus voit Stallone prendre totalement la destinée de son personnage car, en plus de l'écriture du scénario et de l'interprètation du personnage, il assure la réalisation.
Un troisième film plus faible, un quatrième propagandiste, un cinquième qu'il vaut mieux oublier... et un sixième qui rejoint la qualité du premier et boucle la saga de ce boxeur.
Rocky, âgé de 60 ans, a perdu son épouse, son entraîneur, son ami Apollo Creed (Carl Weathers) et n'entretient que des relations maladroites avec son fil. Seul lui reste son beau-frère Paulie (Burt Young) et un restaurant dans lequel il régale les clients de ses souvenirs de match.
Il engage une jeune femme de son quartier qu'il a connue enfant (elle l'envoyait se faire f... dans le premier film). C'est une véritable relation platonnique qui s'engage avec celle-ci, seul lien vivant de Rocky avec son passé de minable dans le milieu de Philadelphie.
Le champion du monde en titre, ne trouvant aucun adversaire de poids, lance un défi à Rocky.
Nous assistons alors à une véritable remise en question de ce personnage vieillissant, luttant d'abord contre ses souvenirs, contre ses connaissances qui tentent de lui faire entendre raison et enfin contre la commission qui refuse de lui octroyer sa license. Le match final rappelle furieusement celui du premier métrage: Rocky reste debout et regagne sa dignité, l'amour de son fils et cesse de vivre dans le passé, seul sur la tombe de son épouse.
Si Stallone réussit avec brio ce dernier come-back de Rocky, c'est essentiellement parce qu'il revient à l'esprit des deux premiers épisodes: si dans les années 70, Rocky voulait simplement se prouver qu'il valait plus que le minable qu'il était et qu'il voulait subvenir largement aux besoins de sa famille, on voit ici un homme, en pleine crise de la soixantaine, qui veut se prouver qu'il n'est pas fini, que la perte d'Adrian ne l'a pas achevé et qu'il peut se relever et également redonner confiance à un fils démuni face à son patron et à un père qu'il ne comprend pas. La boxe ne sert que de prétexte à l'histoire, au contraire des épisodes 3, 4 et 5.
L'épouse aimante, perdue, est remplacée par la jeune femme, enfant dans le premier opus, qui encouragera le boxeur à faire ce qu'il doit faire.
Véritable déclaration d'amour à un personnage, mais également à la vie en général, Stallone livre un film vrai, optimiste sans être exagéré, et prouve une nouvelle fois qu'il est bien autre chose qu'un acteur tout en muscle.
Un film humain, tout simplement.
Rocky, 10 fois nominé aux oscars en 1976, lança la carrière de Stallone (ainsi que Rambo, mais ce métrage n'est pas personnel).
Le deuxième opus voit Stallone prendre totalement la destinée de son personnage car, en plus de l'écriture du scénario et de l'interprètation du personnage, il assure la réalisation.
Un troisième film plus faible, un quatrième propagandiste, un cinquième qu'il vaut mieux oublier... et un sixième qui rejoint la qualité du premier et boucle la saga de ce boxeur.
Rocky, âgé de 60 ans, a perdu son épouse, son entraîneur, son ami Apollo Creed (Carl Weathers) et n'entretient que des relations maladroites avec son fil. Seul lui reste son beau-frère Paulie (Burt Young) et un restaurant dans lequel il régale les clients de ses souvenirs de match.
Il engage une jeune femme de son quartier qu'il a connue enfant (elle l'envoyait se faire f... dans le premier film). C'est une véritable relation platonnique qui s'engage avec celle-ci, seul lien vivant de Rocky avec son passé de minable dans le milieu de Philadelphie.
Le champion du monde en titre, ne trouvant aucun adversaire de poids, lance un défi à Rocky.
Nous assistons alors à une véritable remise en question de ce personnage vieillissant, luttant d'abord contre ses souvenirs, contre ses connaissances qui tentent de lui faire entendre raison et enfin contre la commission qui refuse de lui octroyer sa license. Le match final rappelle furieusement celui du premier métrage: Rocky reste debout et regagne sa dignité, l'amour de son fils et cesse de vivre dans le passé, seul sur la tombe de son épouse.
Si Stallone réussit avec brio ce dernier come-back de Rocky, c'est essentiellement parce qu'il revient à l'esprit des deux premiers épisodes: si dans les années 70, Rocky voulait simplement se prouver qu'il valait plus que le minable qu'il était et qu'il voulait subvenir largement aux besoins de sa famille, on voit ici un homme, en pleine crise de la soixantaine, qui veut se prouver qu'il n'est pas fini, que la perte d'Adrian ne l'a pas achevé et qu'il peut se relever et également redonner confiance à un fils démuni face à son patron et à un père qu'il ne comprend pas. La boxe ne sert que de prétexte à l'histoire, au contraire des épisodes 3, 4 et 5.
L'épouse aimante, perdue, est remplacée par la jeune femme, enfant dans le premier opus, qui encouragera le boxeur à faire ce qu'il doit faire.
Véritable déclaration d'amour à un personnage, mais également à la vie en général, Stallone livre un film vrai, optimiste sans être exagéré, et prouve une nouvelle fois qu'il est bien autre chose qu'un acteur tout en muscle.
Un film humain, tout simplement.
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