Ceux qui ont entendu à l'époque mes critiques radios d'Hostel le savent: je n'aime pas Eli Roth en tant que réalisateur. "Cabin Fever" m'a profondément emmerdé et j'avais qualifié "Hostel d'American Pie pseudo-horrifique.
Force est de constater qu'Hostel 2 me réconcilie avec Roth.
Je n'apprécie toujours pas le "Quentin Tarantino présente"; depuis que celui-ci s'est autoproclamé mémoire vivante du cinéma bis (depuis lors, il ne fait quasiment plus de films; il les commet!), pas mal de réalisateurs courent après cette marque de fabrique pour attirer le plus possible de monde dans les salles. Eli Roth fait partie de la secte des adorateurs de la Bible tarantinesque et c'est un de ses défauts majeurs... passons!
L'intérêt d'"Hostel 2" est que la plus grande partie du film s'intéresse à l'organisation des scéances de torture et à la psychologie de deux de ses clients, Todd (Richard Burgi, impérial, vu dans "Braqueurs amateurs", In her shoes", "Cellular" et la première saison de "24h chrono") et Stuart (Roger Bart, tour à tour touchant et salement flippant, vu dans "Les producteurs", "Et Dieu créa la femme"). Les deux amis découvrent alors l'énorme marge qu'il y a entre le phantasme de la torture et du meurtre et le passage à l'acte. D'autres scènes mettant en valeur d'autres clients apparaissent pour donner le quota de meurtres crapuleux au film, dont une scène de cannibalisme dans laquelle le client n'est autre que Ruggero Deodato, réalisateur du cultissime (et kitshissime!) "Cannibal Holocaust".
A l'amateur d'images fortes: malgré le qualifitatif "gore", on a déjà vu bien pire aucinéma!
Hostel 1 commence là où le premier s'arrête: Paxton (Jay Fernandez, insipide) s'est échappé de l'usine de torture et est retourné aux USA. Sa petite amie le retrouve décapité dans sa cuisine. Générique et nouvelles victimes: trois jeunes étudiantes en art attirée par le modèle de dessin vers les cures thermales slovaques. Le piège se referme. Je passe la psychologie primaire des victimes; seuls les clients sont intéressants. Exception faite de l'inévitable survivante qui va devenir bien pire que le client auquel elle a échappé.
Roth nous donne ici enfin la preuve qu'il est ce qu'il a toujours prétendu être: un fan des giallis des années 70. On y retrouve, outre Deodato, des acteurs cultes de cette période dans des rôles variés:Edwige Fenech ("L'homme aux nerfs d'acier"), Luc Merenda ("Soleil rouge", "Les assassins de l'ordre", "OSS 117 prend des vacances"), ...
On retrouve également certains acteurs non américains dont la présence vise évidemment à ce que les publics européens et de l'Est s'y retrouvent: liliya Malkina ("Kolya", nomminé à l'oscar en 97), Stanislav Ianevski ("Harry Potter"), et Milan Knazko (véritable star en Slovaquie et ministre de la culture durant 13 ans) dans le rôle de Sasha, parrain de l'organisation.
Dans ce film, Eli Roth compense tous les manques du premier opus: comment le client choisit-il sa victime, comment fonctionne cette mafia, ...
Reste à savoir s'il s'agit d'un coup de bol ou si Eli Roth est vraiment un excellent réalisateur de métrage d'horreur.
En attendant, pourquoi bouder son plaisir?
vendredi 28 mars 2008
28 semaines plus tard
Danny Boyle (Trainspotting, Sunshine) avait supris tout le monde avec le succès immense remporté par son film 28 jours plus tard. Dès lors, une suite était prévue mais Boyle annonça directement qu'il ne serait pas aux commandes; il laisse alors la place à Juan Carlos Fesnadillo (Intacto, Esposados) pour la réalisation.
Boyle est un découvreur de talent en ce qui concerne les acteurs (Ewan MacGregor dans "Trainspotting", Cilian Murphy (Sunshine, Batman Begins) dans 28 jours plus tard, ...); il faut croire qu'il l'est aussi dans le choix de ses réalisateurs. Producteur intelligent, il place Robert Carlyle (Trainspotting, Full Monthy, Ravenous, ...), acteur connu en Europe et réputé exigeant sur la qualité des films dans lesquels il accepte de jouer, en tête d'affiche. Ce choix lui assure que le film ne sera pas classé en "horreur pour ados prépubères".
D'emblée, la couleur est annoncée: le film est noir, extrêmement noir! Les 5 premières minutes nous présentent Carlyle qui n'hésite pas à abandonner sa femme et le groupe qui l'aide pour sauver sa propre peau des "infectés".
Un quartier de Londres est sous haute sécurité américaine et protège un groupe de 15000 survivants des attaques des infectés cannibales. Toute personne mordue, en contact avec le sang ou la salive de ceux-ci devient l'un d'eux.
En 20 minutes, le virus est présent dans ce lieu "sécurisé" et les deux enfants de Carlyle, protégés par un médecin militaire et un sniper qui les savent naturellement protégé du virus (espoir de sérum), doivent traverser un Londres aux mains des "zombies "et des militaires qui ont ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Fesnadillo ne nous laisse alors aucun répis et l'on assiste à la fuite éperdue de ce petit groupe de survivants.
Les thèmes du film son nombreux et ont dû faire grincer des dents la bonne morale occidentale: éclatement de la cellule familiale (après avoir abandonné son épouse, le père infecté veut dévorer ses gosses), dénonciation de la connerie profonde de l'armée (refus d'écouter les scientifiques et foi absolue dans la puissance des armes à feu...face à un virus!), rappel de la déshumanisation en cas de danger (chacun pour soi et Dieu pour tous), ...
Les scènes d'action et de poursuite (nombreuses) sont filmées à l'épaule et décalées par une musique très douce. Cette manière de filmer est d'ailleurs parfois à la limite du regardable, surtout dans les scènes nocturnes, mais la tension est justement renforcée par cette difficulté de lecture de l'image.
On peut reprocher un manque de psychologie des personnages et un trop grande importance accordée à l'action pure, mais force est de constater que la recette est nénamoins efficace. Fesnadillo nous renvoie notre propre bestialité à la gueule, parfois en faisant référence à "28 jours plus tard". Un exemple? Dans "28 jours", le héros déshumanisé crève de ses pouces les yeux d'un militaire; dans "28 semaines", Carlyle, infecté, procède de la même façon pour son premier meurtre... La limite entre les humains et les enragés est franchie; les uns ne sont pas plus sauvages que les autres...
Avec une fin ouvertement pessimiste qui laisse entrevoir un troisième opus, "28 semaines plus tard" se place aisément dans le top des films d'horreur les plus noirs et les plus violents de ces dernières années.
Boyle est un découvreur de talent en ce qui concerne les acteurs (Ewan MacGregor dans "Trainspotting", Cilian Murphy (Sunshine, Batman Begins) dans 28 jours plus tard, ...); il faut croire qu'il l'est aussi dans le choix de ses réalisateurs. Producteur intelligent, il place Robert Carlyle (Trainspotting, Full Monthy, Ravenous, ...), acteur connu en Europe et réputé exigeant sur la qualité des films dans lesquels il accepte de jouer, en tête d'affiche. Ce choix lui assure que le film ne sera pas classé en "horreur pour ados prépubères".
D'emblée, la couleur est annoncée: le film est noir, extrêmement noir! Les 5 premières minutes nous présentent Carlyle qui n'hésite pas à abandonner sa femme et le groupe qui l'aide pour sauver sa propre peau des "infectés".
Un quartier de Londres est sous haute sécurité américaine et protège un groupe de 15000 survivants des attaques des infectés cannibales. Toute personne mordue, en contact avec le sang ou la salive de ceux-ci devient l'un d'eux.
En 20 minutes, le virus est présent dans ce lieu "sécurisé" et les deux enfants de Carlyle, protégés par un médecin militaire et un sniper qui les savent naturellement protégé du virus (espoir de sérum), doivent traverser un Londres aux mains des "zombies "et des militaires qui ont ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Fesnadillo ne nous laisse alors aucun répis et l'on assiste à la fuite éperdue de ce petit groupe de survivants.
Les thèmes du film son nombreux et ont dû faire grincer des dents la bonne morale occidentale: éclatement de la cellule familiale (après avoir abandonné son épouse, le père infecté veut dévorer ses gosses), dénonciation de la connerie profonde de l'armée (refus d'écouter les scientifiques et foi absolue dans la puissance des armes à feu...face à un virus!), rappel de la déshumanisation en cas de danger (chacun pour soi et Dieu pour tous), ...
Les scènes d'action et de poursuite (nombreuses) sont filmées à l'épaule et décalées par une musique très douce. Cette manière de filmer est d'ailleurs parfois à la limite du regardable, surtout dans les scènes nocturnes, mais la tension est justement renforcée par cette difficulté de lecture de l'image.
On peut reprocher un manque de psychologie des personnages et un trop grande importance accordée à l'action pure, mais force est de constater que la recette est nénamoins efficace. Fesnadillo nous renvoie notre propre bestialité à la gueule, parfois en faisant référence à "28 jours plus tard". Un exemple? Dans "28 jours", le héros déshumanisé crève de ses pouces les yeux d'un militaire; dans "28 semaines", Carlyle, infecté, procède de la même façon pour son premier meurtre... La limite entre les humains et les enragés est franchie; les uns ne sont pas plus sauvages que les autres...
Avec une fin ouvertement pessimiste qui laisse entrevoir un troisième opus, "28 semaines plus tard" se place aisément dans le top des films d'horreur les plus noirs et les plus violents de ces dernières années.
lundi 17 mars 2008
Fido
Dans un monde resemblant fortement aux Etats Unis dans les années 50, un virus transforme une grande partie de la population en zombies cannibales. Une société privée met au point un collier qui permey d'en faire, au choix, des esclaves, des compagnons de jeux, ... Les villes sont entourées de grilles les séparants des zombies non domestiqués. Un jeune garçon voit arriver dans sa famille un zombie qu'il prénomme Fido. Le père est farouchement opposé à la possession d'un zombie (il a dû tuer son propre père qui menaçait de le dévorer et a depuis une véritable phobie); la mère s'y attache et développe un amour platonique envers la créature.
Seulement, les colliers ont des ratés et Fido dévore quelques voisins...
Basé sur le pitch original de la domestication des zombies (déjà entamé par Romero dans "Le jour des morts vivants" en 1986), le film peine à trouver sa voie entre l'horreur pure et la parodie.
En effet, les rares scènes de canibalisme propres au genre ne sont guère réussie d'un point de vue graphique, et l'humour n'est pas assez féroce, tendant plutôt vers un "Mariage de mon meilleur ami" version zombie. Le seul personnage à arracher un sourire est celui du voisin, amoureux de sa morte vivante.
Le personnage de la mère, campé par Carrie Anne Moss (The Matrix), est attachant par son envie de préserver une certaine normalité envers ses voisins (il faut avoir un zombie domestique) et par l'ambiguité de ses sentiments envers Fido. Son mari, complètement obsédé par ses funérailles (toute la famille est assurée pour avoir un enterrement et ne pas finr en zombie; buisness is buisness!), ne se réjouit pas de la grossesse de son épouse car il n'aura pas les moyens d'économiser pour les obsèques d'un deuxième enfant.
En bref, Fido regorge d'excellentes idées peu exploitées. Il n'en reste pas moins un bon divertissement mais ni les amateurs d'horreur ou de comédies horrifiques à la "Shaun of the dead" n'en auront pour leur argent.
Un film passable.
Seulement, les colliers ont des ratés et Fido dévore quelques voisins...
Basé sur le pitch original de la domestication des zombies (déjà entamé par Romero dans "Le jour des morts vivants" en 1986), le film peine à trouver sa voie entre l'horreur pure et la parodie.
En effet, les rares scènes de canibalisme propres au genre ne sont guère réussie d'un point de vue graphique, et l'humour n'est pas assez féroce, tendant plutôt vers un "Mariage de mon meilleur ami" version zombie. Le seul personnage à arracher un sourire est celui du voisin, amoureux de sa morte vivante.
Le personnage de la mère, campé par Carrie Anne Moss (The Matrix), est attachant par son envie de préserver une certaine normalité envers ses voisins (il faut avoir un zombie domestique) et par l'ambiguité de ses sentiments envers Fido. Son mari, complètement obsédé par ses funérailles (toute la famille est assurée pour avoir un enterrement et ne pas finr en zombie; buisness is buisness!), ne se réjouit pas de la grossesse de son épouse car il n'aura pas les moyens d'économiser pour les obsèques d'un deuxième enfant.
En bref, Fido regorge d'excellentes idées peu exploitées. Il n'en reste pas moins un bon divertissement mais ni les amateurs d'horreur ou de comédies horrifiques à la "Shaun of the dead" n'en auront pour leur argent.
Un film passable.
mercredi 20 février 2008
13 Tzameti
Sébastien, un jeune ouvrier de 22 ans travaillant sur le toit d'une maison, entend son employeur du moment parler d'un courrier qui devrait lui rapporter une jolie somme d'argent. Lorsque celui-ci meurt d'une overdose dans sa baignoire, Sébastien s'empare du courrier et décide de suivre les indications, croyant sans doute trouver un petit boulot illégal qui lui assurerait une jolie somme. Arrivé au terme de son voyage, il découvre qu'il est le numéro 13 d'un jeu dans lequel il va mettre sa vie en péril, un jeu dans lequel il va être forcé de tuer.
Le premier film de Gela Babluani (qui joue aussi le personnage principal) fait partie de ces métrages français qui se veulent d'auteur et intellectuels, mais qui n'en n'ont que la forme.
Filmé entièrement en noir et blanc, nous découvrons de très jolis cadrages, mais également très clichés: je filme les pieds qui marchent, je fais un gros plan sur la clé dans la serrure, je filme le visage qui réfléchit (enfin, il paraît), je filme de longs blanc entre deux personnages,... La descente aux enfers du héros ne donne lieu à aucune remise en question de celui-ci, et le réalisateur ne s'intéresse pas une minute à la psychologie des personnages qu'ils présentent, que ce soit les joueurs ou les parieurs.
Le film est également bourré d'invraisemblances: c'est un inconnu qui arrive et on le laisse jouer, les parieurs amènent de l'argent comptant (des millions d'euros) et pas un seul joueur ne propose aux autres de braquer ceux-ci, alors qu'ils sont armés de revolvers et qu'on ne voit aucun garde armé. L'arbitre annonce des règles aux mafieux (ne pas monter sur le "ring") qu'aucun ne respecte vraiment, le positionnement des joueurs lorsqu'ils se tirent dessus (chacun vise la nuque de celui qui est devant lui, avec 1, 2 ou 3 balles dans son chargeur) est illogique: la balle devrait logiquement traverser la nuque et tuer celui qui se trouve après, ...
Ce qui aurait pu être un honnête petit trhiller devient, par l'ambition de son réalisateur, un film dans lequel il ne se passe rien; je n'ai rien contre, Kitano est expert dans ce genre de métrages et j'adore ce qu'il fait, mais un film dans lequel il ne se passe rien et qui ne raconte rien ne peut fatalement provoquer qu'une seule chose: un ennui profond.
Je parlerai aussi du jeu d'acteur qui frôle le ridicule: le héros qu'il est gentil et qu'il comprend pas ce qui lui arrive, les méchants qui ont dû être engagé sur leur physique (au plus je suis prognate et poilu, au plus que je suis un gros méchant qui prend plaisir au jeu!), ...
Bref, 13 Tzameti accumule les clichés et on est en totale overdose.
Une énorme déception au vu des récompenses (Festival de Venise, Sundance) emportées par Babluani.
Le premier film de Gela Babluani (qui joue aussi le personnage principal) fait partie de ces métrages français qui se veulent d'auteur et intellectuels, mais qui n'en n'ont que la forme.
Filmé entièrement en noir et blanc, nous découvrons de très jolis cadrages, mais également très clichés: je filme les pieds qui marchent, je fais un gros plan sur la clé dans la serrure, je filme le visage qui réfléchit (enfin, il paraît), je filme de longs blanc entre deux personnages,... La descente aux enfers du héros ne donne lieu à aucune remise en question de celui-ci, et le réalisateur ne s'intéresse pas une minute à la psychologie des personnages qu'ils présentent, que ce soit les joueurs ou les parieurs.
Le film est également bourré d'invraisemblances: c'est un inconnu qui arrive et on le laisse jouer, les parieurs amènent de l'argent comptant (des millions d'euros) et pas un seul joueur ne propose aux autres de braquer ceux-ci, alors qu'ils sont armés de revolvers et qu'on ne voit aucun garde armé. L'arbitre annonce des règles aux mafieux (ne pas monter sur le "ring") qu'aucun ne respecte vraiment, le positionnement des joueurs lorsqu'ils se tirent dessus (chacun vise la nuque de celui qui est devant lui, avec 1, 2 ou 3 balles dans son chargeur) est illogique: la balle devrait logiquement traverser la nuque et tuer celui qui se trouve après, ...
Ce qui aurait pu être un honnête petit trhiller devient, par l'ambition de son réalisateur, un film dans lequel il ne se passe rien; je n'ai rien contre, Kitano est expert dans ce genre de métrages et j'adore ce qu'il fait, mais un film dans lequel il ne se passe rien et qui ne raconte rien ne peut fatalement provoquer qu'une seule chose: un ennui profond.
Je parlerai aussi du jeu d'acteur qui frôle le ridicule: le héros qu'il est gentil et qu'il comprend pas ce qui lui arrive, les méchants qui ont dû être engagé sur leur physique (au plus je suis prognate et poilu, au plus que je suis un gros méchant qui prend plaisir au jeu!), ...
Bref, 13 Tzameti accumule les clichés et on est en totale overdose.
Une énorme déception au vu des récompenses (Festival de Venise, Sundance) emportées par Babluani.
lundi 11 février 2008
No country for old man
Les frères Coen signent avec ce métrage leur premier film non personnel puisqu'il s'agit de l'adaptation d'un livre du remarquable Cormac McCarthy ("De si jolis chevaux"). Inutile donc de se poser la question mais j'y réponds quand même: non, ce film n'entretient aucun rapport avec la filmographie des Coen; seul "Fargo" pourrait éventuellement trouver quelques thèmes communs.
Il est nénmoins évident que ce film possède la patte des deux frères: l'image, la façon de filmer, de diriger les acteurs, ... est typiquement "Coennienne". La fusion de l'univers de McCarthy et de la vision des Coen est tout simplement magnifique.
Un homme (Josh Brolin) trouve par hasard et en plein milieu du désert plusieurs cadavres autour de véhicules. Il comprend bien vite qu'il s'agit d'un deal qui a mal tourné. Le seul survivant de la fusillade est blessé à mort et réclame de l'eau. L'ignorant totalement, Brolin piste l'homme qui s'est manifestement enfui blessé en emportant l'argent qui ne se trouve pas sur la scène du crime, au contraire de la drogue. Il découvre le cadavre et une valise contenant 2 millions de dollars. Il rentre à sa caravane et, culpabilisé d'avoir abandonné un mourrant dans le désert, retourne de nuit sur les lieux de l'échange. mal lui en prend car il est blessé par balles et doit prendre la fuite avec la valise après avoir envoyé sa femme chez sa belle-mère.
Commence alors une terrible chasse à l'homme.
Le film tient principalement sur cette chasse à l'homme. le tueur, campé par un Javier Bardem méconnaissable et largement oscarisable pour sa prestation, ne laisse aucun survivant sur sa route et ne semble pas pouvoir être arrêté. Il ne laissse aucune chance à ses victimes principales; les secondaires ont parfois droit à un salut en jouant à pile ou face. Bardem ne joue pas un tueur, il joue La Mort, tout simplement inévitable (que les amateurs de happy end sortent de la salle; ils en seront pour leurs frais). Le policier responsable de l'enquête (Tommy Lee Jones, brillant comme à son habitude) ne fait pas de zèle car proche de la retraite.
Filmé à la façon d'un western moderne (les plans filmés en extérieur dans le désert sont d'une beauté confondante), ce film peut perturber les fans pur et dur des frères Coen, habitués à des histoires entièrement créées et maîtisées par ceux-ci. Mais il est clair qu'après "Intolérable cruauté" et "Ladykillers", films réussis mais en deçà des productions antérieures, Joel et Ethan Coen apportent la preuve qu'ils comptent parmi les cinéastes les plus doués de leur génération et qu'ils sont capables d'apporter une touche personnelle à l'adaptation d'un roman pourtant déjà très visuel à l'écrit. Un vrai tour de force.
A noter également la présentation du film en salle avec un court métrage d'un jeune homme nous expliquant ce que nous allons voir et dans lequel nous avons une nouvelle preuve de l'ego démesuré de Tarantino (voir "Grindhouse") qui avait réalisé (mais oui!) la cassette d'audition d'un de leur protégé pour impressionner les Coen. La réponse de ceux-ci: "Bel éclairage!". Garder une telle intégrité créatrice est de plus en plus rare.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher, en tant que fan de cinéma de genre, de signaler la courte apparition de Woody Harrelson ("Natural born killers") ainsi que celle de Danny Trejo ("une nuit en enfer", "Con air", "Machette", Devil's rejects", ...), même pas créditée, qui joue ici...le cadavre du porteur d'argent!
Il est nénmoins évident que ce film possède la patte des deux frères: l'image, la façon de filmer, de diriger les acteurs, ... est typiquement "Coennienne". La fusion de l'univers de McCarthy et de la vision des Coen est tout simplement magnifique.
Un homme (Josh Brolin) trouve par hasard et en plein milieu du désert plusieurs cadavres autour de véhicules. Il comprend bien vite qu'il s'agit d'un deal qui a mal tourné. Le seul survivant de la fusillade est blessé à mort et réclame de l'eau. L'ignorant totalement, Brolin piste l'homme qui s'est manifestement enfui blessé en emportant l'argent qui ne se trouve pas sur la scène du crime, au contraire de la drogue. Il découvre le cadavre et une valise contenant 2 millions de dollars. Il rentre à sa caravane et, culpabilisé d'avoir abandonné un mourrant dans le désert, retourne de nuit sur les lieux de l'échange. mal lui en prend car il est blessé par balles et doit prendre la fuite avec la valise après avoir envoyé sa femme chez sa belle-mère.
Commence alors une terrible chasse à l'homme.
Le film tient principalement sur cette chasse à l'homme. le tueur, campé par un Javier Bardem méconnaissable et largement oscarisable pour sa prestation, ne laisse aucun survivant sur sa route et ne semble pas pouvoir être arrêté. Il ne laissse aucune chance à ses victimes principales; les secondaires ont parfois droit à un salut en jouant à pile ou face. Bardem ne joue pas un tueur, il joue La Mort, tout simplement inévitable (que les amateurs de happy end sortent de la salle; ils en seront pour leurs frais). Le policier responsable de l'enquête (Tommy Lee Jones, brillant comme à son habitude) ne fait pas de zèle car proche de la retraite.
Filmé à la façon d'un western moderne (les plans filmés en extérieur dans le désert sont d'une beauté confondante), ce film peut perturber les fans pur et dur des frères Coen, habitués à des histoires entièrement créées et maîtisées par ceux-ci. Mais il est clair qu'après "Intolérable cruauté" et "Ladykillers", films réussis mais en deçà des productions antérieures, Joel et Ethan Coen apportent la preuve qu'ils comptent parmi les cinéastes les plus doués de leur génération et qu'ils sont capables d'apporter une touche personnelle à l'adaptation d'un roman pourtant déjà très visuel à l'écrit. Un vrai tour de force.
A noter également la présentation du film en salle avec un court métrage d'un jeune homme nous expliquant ce que nous allons voir et dans lequel nous avons une nouvelle preuve de l'ego démesuré de Tarantino (voir "Grindhouse") qui avait réalisé (mais oui!) la cassette d'audition d'un de leur protégé pour impressionner les Coen. La réponse de ceux-ci: "Bel éclairage!". Garder une telle intégrité créatrice est de plus en plus rare.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher, en tant que fan de cinéma de genre, de signaler la courte apparition de Woody Harrelson ("Natural born killers") ainsi que celle de Danny Trejo ("une nuit en enfer", "Con air", "Machette", Devil's rejects", ...), même pas créditée, qui joue ici...le cadavre du porteur d'argent!
Hot Fuzz
L'équipe gagnante du délirant "Shaun of the dead" (magnifique parodie du "Dawn of the dead" de George A. Romero) remet le couvert pour, cette fois, une brillante parodie du film d'action type "Die hard" et du film noir. Nous retrouvons donc Edgar Wright à la réalisation et le duo comique hilarant Simon Pegg/Nick Frost.
Un flic parfait (Pegg) est muté dans "le plus beau village d'Angleterre" par ses supérieurs londonniens car son palmarès professionnel fait passer n'importe quel autre flic pour un incapable. Arrivé dans cette ville apparamment parfaite, il se lie d'amitié avec un flic alcoolo et gaffeur fan de "Bad boys 2" et "Point break" (Nick Frost). Notre flicard londonnien va vite se rendre compte que la tranquilité de cette ville n'est qu'apparente car plusieurs morts plus que louches, qualifiées d'accidents par la population et ses supérieurs, le mettent sur la piste d'un tueur en série.
Si nos britishs avaient déjà réussi un formidable métrage avec "Shaun of the dead", "Hot fuzz" est un remarquable hommage au film d'action. Reprenant tout les codes (la fusillade dans le village, tournée comme un véritable blockbuster type "l'arme fatale", est dors et déjà culte) en les poussant aux limites du ridicules, Edgar Wright n'oublie pas non plus le côté scénaristique et offre un véritable thriller comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Là est la force de ce film: on se marre mais on se pose des questions; les scènes de pur délire alternent avec des scènes repoussantes (la découverte du charnier), ... Les amateurs de scènes plus gores ne seront d'ailleurs pas en reste, les meurtres étant dignes des meilleurs slashers des années 70 et 80 (l'empalement de Timothy Dalton est tout simplement dégeulasse!).
Le casting n'est pas en reste car outre les acteurs déjà vus dans "Shaun...", Wright s'offre les services de Timothy Dalton (James Bond) dans un rôle de gérant de supermarché absolument délicieux. Je vous défie même de trouver deux stars non créditées au générique mais qui font une courte apparition déguisée: Peter Jackson ("Bad Taste, Braine dead, Le seigneur des anneaux") et Cate Blanchett ("Coffee and cigarettes, Elizabeth"); pas mal pour un deuxième film.
A l'instar de "Shaun of the dead", Edgar Wright signe une deuxième oeuvre jouissive et se pose comme un cinéaste majeur du cinéma européen.
Un flic parfait (Pegg) est muté dans "le plus beau village d'Angleterre" par ses supérieurs londonniens car son palmarès professionnel fait passer n'importe quel autre flic pour un incapable. Arrivé dans cette ville apparamment parfaite, il se lie d'amitié avec un flic alcoolo et gaffeur fan de "Bad boys 2" et "Point break" (Nick Frost). Notre flicard londonnien va vite se rendre compte que la tranquilité de cette ville n'est qu'apparente car plusieurs morts plus que louches, qualifiées d'accidents par la population et ses supérieurs, le mettent sur la piste d'un tueur en série.
Si nos britishs avaient déjà réussi un formidable métrage avec "Shaun of the dead", "Hot fuzz" est un remarquable hommage au film d'action. Reprenant tout les codes (la fusillade dans le village, tournée comme un véritable blockbuster type "l'arme fatale", est dors et déjà culte) en les poussant aux limites du ridicules, Edgar Wright n'oublie pas non plus le côté scénaristique et offre un véritable thriller comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Là est la force de ce film: on se marre mais on se pose des questions; les scènes de pur délire alternent avec des scènes repoussantes (la découverte du charnier), ... Les amateurs de scènes plus gores ne seront d'ailleurs pas en reste, les meurtres étant dignes des meilleurs slashers des années 70 et 80 (l'empalement de Timothy Dalton est tout simplement dégeulasse!).
Le casting n'est pas en reste car outre les acteurs déjà vus dans "Shaun...", Wright s'offre les services de Timothy Dalton (James Bond) dans un rôle de gérant de supermarché absolument délicieux. Je vous défie même de trouver deux stars non créditées au générique mais qui font une courte apparition déguisée: Peter Jackson ("Bad Taste, Braine dead, Le seigneur des anneaux") et Cate Blanchett ("Coffee and cigarettes, Elizabeth"); pas mal pour un deuxième film.
A l'instar de "Shaun of the dead", Edgar Wright signe une deuxième oeuvre jouissive et se pose comme un cinéaste majeur du cinéma européen.
samedi 26 janvier 2008
Vacuum Killer
Film 100% pur belge réalisé par Chris LAmot, alias Doctor Chris, qui y joue Chris, un assistant de laboratoire dégoûté par le renvoi de sa mère, technicienne de surface dans une maison de disques. Celle-ci se suicide de désespoir; son mari (Jacques Verbist), alcoolo chômeur accro aux jaux télévisés, ne trouve rien de mieux à faire que de se marrer. Chris bascule alors dans la violence en fracassant le crâne de son père et trouve refuge chez Jim l'Alien (Hervé Joway, également responsable de la BO), son dealer.
Un accident de laboratoire aggrave encore la folie de Chris qui se greffe un aspirateur à l'avant bras et décide de nettoyer la société de la pourriture qui l'exploite. Commence alors une longue série de meurtres.
Que dire de ce pur délire à la belge? C'est un joyeux foutoir organisé qui ne se prend jamais au sérieux, délivrant néanmoins un message social d'une manière peu commune. Sélectionné pour le BIFFF, le film est présenté au marché de Cannes par son réalisateur et le voici enfin disponible en DVD.
Malgré quelques défauts imputables au budget serré (et autoproduit), on ne peut qu'appauldir ce métrage qui rappelle la bonne époque Troma (et le revendique clairement), présentant des acteurs qui se sont manifestement bien marrés sur le tournage. Les téléphages reconnaîtront d'ailleurs peut-être Aldo Palucci (qui joue le facteur) qui fit la une d'un reportage de Streap Tease sur la Une.
Pour résumer, tout amateur de Bis qui se respecte se doit d'encourager et de découvrir cette perle, unique en son genre, véritable déclaration d'amour d'un réalisateur belge face à un cinéma d'horreur de plus en plus aseptisé. Aux dernières nouvelles, Chris s'attaque à son projet de second métrage, "Trasho familio".
Pour plus d'infos, voir le site en lien.
Un accident de laboratoire aggrave encore la folie de Chris qui se greffe un aspirateur à l'avant bras et décide de nettoyer la société de la pourriture qui l'exploite. Commence alors une longue série de meurtres.
Que dire de ce pur délire à la belge? C'est un joyeux foutoir organisé qui ne se prend jamais au sérieux, délivrant néanmoins un message social d'une manière peu commune. Sélectionné pour le BIFFF, le film est présenté au marché de Cannes par son réalisateur et le voici enfin disponible en DVD.
Malgré quelques défauts imputables au budget serré (et autoproduit), on ne peut qu'appauldir ce métrage qui rappelle la bonne époque Troma (et le revendique clairement), présentant des acteurs qui se sont manifestement bien marrés sur le tournage. Les téléphages reconnaîtront d'ailleurs peut-être Aldo Palucci (qui joue le facteur) qui fit la une d'un reportage de Streap Tease sur la Une.
Pour résumer, tout amateur de Bis qui se respecte se doit d'encourager et de découvrir cette perle, unique en son genre, véritable déclaration d'amour d'un réalisateur belge face à un cinéma d'horreur de plus en plus aseptisé. Aux dernières nouvelles, Chris s'attaque à son projet de second métrage, "Trasho familio".
Pour plus d'infos, voir le site en lien.
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