dimanche 27 juillet 2008

Au service de Satan

Douglas Whooly (l'inconnu Alexander Brickel; la gueule de l'emploi!) est un gamin de plus ou moins 11 ans fanatique du jeu vidéo "Satan's little helper", dans lequel le personnage doit aider le diable à tuer le plus de gens possibles. Lors de la fête d'Halloween, il fait sa collecte de friandises seul, sa soeur préférant rester à la maison avec son nouveau petit copain. Maudissant celui-ci, Douglas aperçoit alors un homme déguisé en Satan qui sort ce qu'il croit être un faux cadavre d'une maison pour l'intégrer à une scène d'horreur dans le jardin. Le gamin court vers ce personnage et lui dit être fanatique de son jeu et lui demande s'il peut l'aider à se débarasser du petit ami de sa soeur. Trop heureux de pouvoir tabasser quelqu'un, le psychopate (qui ne dira pas un mot de tout le film et dont on ne verra jamais le visage) accepte avec énergie. Il se fait ensuite passer pour le petit copain en question et commence alors une virée meurtrière orchestrée par Douglas, hilare, qui ne se rendra compte que très tard que tous les meurtres sont réels.

Le film du trop rare Jeff Lieberman ("Remote control, Blue sunshine, ...") est tout simplement hilarant et se révèle être l'un des meilleurs slashers des 10 dernières années depuis le parodique "Scream". Ce gamin crédule à la limite de la connerie qui jubile devant des actes affreux qu'il croit factices est une idée géniale; c'est poussé à un point que lorsque Douglas, assistant au meurtre de son père, se rendra compte qu'il a fait rentrer un véritable meurtrier dans la maison, il priera Jésus de venir l'aider. Le psychopate sonne à la porte déguisé en messie... le gamin le laisse entrer!
Le film est parsemé de petites scènes complètement décalées: trois jeunes débiles s'amusent à casser des vitres et autres boites aux lettres durant la nuit d'Halloween en criant "anarchie" et en rigolant bêtement (on n'est pas loin de Beavis and Butthead); lorqu'ils rencontrent le tueur en ville, l'un des ados l'appelle "maître" et lui fait un savant petit salut avec les mains (dont même actuellement seuls les rappeurs ont le secret) auquel répond avec un plaisir évident le tueur. Impayable! La scène de caddies dans le parking du supermarché, hommage insolent à "Death race 2000", est aussi à placer dans les annales.

Il convient également de saluer la prestation de Joshua Annex qui arrive à donner une véritable personnalité à un tueur affublé d'un masque ridicule en utilisant toutes les techniques propres aux acteurs burlesques du cinéma muet; un véritable tour de force!

"Au service de satan" fut distribué avec le magasine "Mad Movies" et se trouve relativement facilement à l'achat dans les DVD "low budget"; je ne saurai qu'en conseiller l'achat car s'il est une comédie sous forme de slasher qu'il faut avoir vu actuellement, c'est bien celle-ci!

2001 maniacs

"2000 maniacs", réalisé par Herschell Gordon Lewis en 1964, est la première comédie gore de l'histoire du cinéma. Le même réalisateur avait réalisé, 3 ans auparavant, le premier film gore du cinéma américain: "Blood feast" (aujourd'hui complètement dépassé). "2000 maniacs" garde encore aujourd'hui un cachet indéniable, même si le côté gore est tout à fait dépassé (on trouve plus de sang dans n'importe quel blockbuster d'horreur actuel); voir les rednecks s'amuser lors d'une fête foraine à massacrer les malheureux "nordistes" dans des parodies de jeux de foire est tout simplement jubilatoire.

"2001 maniacs" reprend exactement la même histoire que le film d'origine: un village sudiste massacré par les troupes nordistes durant la Guerre de Sécession réapparaît à intervalle régulier pour trucider, au cours d'un fête foraine, les malheureux natifs d'états nordistes qu'ils arrivent à attirer dans leur village de "Pleasant Valley". Le jeu des habitants consiste à faire de leurs victimes les "invités d'honneur" de la fête. Ils se débrouillent pour les séparer et tuent une personne par jour à l'insu des autres lors d'un jeu foarain (ils ont beaucoup d'imagination!); ils servent ensuite la victime lors d'un barbecue géant qui a lieu tous les soirs.

"2000 maniacs" et "2001 maniacs" sont des parodies horrifiques du classique de 1954 "Brigadoon" (de Vincente Minnelli avec Gene Kelly et Van Johnson) dans lequel 2 américains en voyage en Ecosse vont trouver le village de Brigadoon qui apparaît tous les 100 ans. Ils vont tomber amoureux d'une habitante.

Le film d'horreur de 1964 suit le mêm schéma: chaque victime est courtisée par un habitant du village pour être mieux piégée.

"2001 maniacs" modernise le film de 1964 et c'est bien là que se situe le problème: là où Lewis prenait un réel plaisir à dissocier le côté "paysan sympathique" des habitants de Pleasant Valley et leurs actes meurtriers, Tim Sullivan nous les présente directement comme sadiques et fanatiques de l'homicide.

Le choix des personnages pose déjà un grand problème: c'est du déjà vu 1000 fois: des copains obsédés par la bière, l'herbe et le sexe qui rencontreront des copines obsédées par la bière, l'herbe et le sexe qui se feront piéger par des fantômes faisant semblant d'être obsédés par la bière, l'herbe et le sexe... En clair, le scénario de n'importe quel slasher actuel formaté par Hollywood. Là où le classique opposait des citadins nordistes et modernes à des rednecks, Sullivan plonge ses personnages modernes dans un village dont les habitants ont l'air plus dévergondés que les jeunes ados actuels: scène lesbiennes, rites d'alcool universitaires, habillement en string et en wonderbras, ... pas très crédible de la part de personnages vieux de plusieurs siècles!

Mieux encore: les mises à mort très graphiques de l'original ne sont pas montrées à l'écran (exception faite de la scène d'écartèlement); on n'en voit que le résultat... Un comble pour une comédie gore!

Seul plaisir pour les yeux: le cabotinage de Robert Englund ("Freddy, urban legned, Whishmaster, ...") dans le rôle du maire. Il bénéficie d'un capital sympathie indéniable.

En résumé, là où "2000 maniacs" posait les bases de la comédie horrifique à la "Brain dead", "2001" maniacs" se contente d'être une soupe (pas trop indigeste; soyons honnête) pour public ado de base. La jaquette du DVD parle d'ailleurs d'elle-même: "Par les producteurs de Hostel et Cabin Fever". Les mises à mort, parfois inventives, sont la seule véritable attraction du film qui souffre du fait que de nombreuses comédies d'horreur ont été réalisées depuis 1964. Il ne fait plus le poids aujourd'hui et est, dès sa sortie, complètement dépassé.

Un film d'"horreur" du samedi soir avec copains et bières... et encore!

Bubba Ho-Tep

Si vous ne le savez pas encore, Elvis n'est pas mort! Il a tout simplement voulu retrouver l'anonymat et a échangé son existence contre celle de son sosie le plus doué; c'est donc le dit sosie qui est mort!

Nous retrouvons donc Elvis Presley (Bruce Campbell) dans une maison de retraite. Il ne se déplace plus qu'en tribune et souffre terriblement de la prostate. Il se souvient des jours meilleurs et broie du noir; plus personne ne veut le croire lorsqu'il affirme qu'il est le véritable Elvis et qu'il aimerait retrouver sa fille et ses privilèges. Son seul ami et le seul à le croire est un vieil homme afro-américain en chaise roulante (Ossie Davis), persuadé d'être John F. Kennedy que l'on a teint en noir pour l'écarter de la vie politique. Les deux hommes se respectent et s'écoutent l'un l'autre, observant la vie monotone des patients qui les entourent. Ils n'attendent plus rien de la vie et souhaitent que leurs derniers jours s'écoulent de la manière la moins douloureuse possible.
Mais lorsque une momie fanatique de western se met à décimer la maison de retraite, Elvis et John décident de défendre au péril de leur vie la dernière chose qui leur reste: l'amitié des patients qui résident avec eux. Ils retrouveront ainsi dans ce dernier combat l'occasion de resentir ce que c'est que d'être un héros.

Don Coscarelli (réalisateur de la série "Phantasm", "La survivante", ...) est un réalisateur à part qui signe ici un film absolument déroutant. En lisant le résumé ci-dessus, ne peut-on pas s'attendre qu'à un comédie fantastique complètement burlesque? Il ne nous donne pourtant, sous le couvert du film fantastique, rien d'autre qu'une superbe réflexion sur la difficulté de vieillir.

Bruce Campbell ("Evil Dead, Spiderman, Xéna, Escape from LA, Alien Apocalypse, Moontrap, Maniac cop 2, ...") joue le King vieillissant avec une crédibilité stupéfiante; on n'avait plus vu meilleure incarnation d'Elvis au cinéma depuis l'interprètation bluffante de Kurt Russel dans le téléfilm de Carpenter, c'est-à-dire depuis plus de 20 ans. Il est assisté par Ossie Davis ("Malcolm X, 12 hommes en colère, Gladiator, She hate me, Dr Doolittle, Freedom man, The Hill, ...") dans son dernier rôle au cinéma (l'acteur nous a malheureusement quitté depuis), touchant dans la peau de ce vieil homme persuadé d'être au coeur d'un complot national le touchant depuis plusieurs décénnies.

Le film se déroule très lentement, à l'instar de la démarche de ses pensionnaires. Coscarelli prend le temps de nous présenter les personnages et de les rendre attachants. Toute l'ambiance de la maison de retraite est parfaitement rendue; pour peu on penserait y vivre également. Le réalisateur n'oublie pourtant pas le suspense, chaque attaque de la momie étant inquiétante. Le combat final (très lent) terminé, on ne peut s'empêcher de sentir son coeur se serrer à la vue de ces pitoyables papis, usant jusqu'à leurs dernières forces pour sauver leur misérable petit chez-eux.

Un film touchant, attachant, dans lequel le réalisateur n'a pas peur de se mettre à nu pour nous confier sa peur de vieillir mais aussi son optimisme de vouloir rester utile à la société jusqu'à son dernier souffle. Un film rare au cinéma.

Ghost Rider

Johnny Blaze (Nicolas Cage, nulissime!), cascadeur professionnel, vend son âme au diable (Peter Fonda, insipide) pour sauver son père atteint d'un cancer. Il est trompé par le Malin et devient le "Ghost Rider", envoyé des enfers chargé de récolter les âmes des mééééééchants. Devenu adulte, il retrouve Roxanne (Eva Mendes qui est comme d'habitude: pire que nulle), son amour secret. Lorsqu'elle va être menacée par Blackheart (Wes Bentley incarnant le pire fils de satan jamais vu à l'écran), Johnny va utiliser ses pouvoirs contre son ancien maître et tenter de récupérer son âme.

Tout est dit dans la présentation: Mark Steven Johnson signe ici une des pires adaptations de comics de l'histoire du cinéma. Il faut dire que ce garçon avait de l'entraînement: c'est également lui qui a réalisé le désastreux "Daredevil"!
Comme signalé plus haut, le casting est désastreux, malgré la présence de Nicolas Cage (attaché au projet depuis l'achat des droits du comic, mais jouant comme un pied) et de Peter Fonda (il se contente d'apparaître): Eva Mendes, actrice à forte poitrine (son seul atout) et parmi les plus nulles des 10 dernières années; Wes Bentley, incarnant le fils de Mephistopheles d'une manière tout simplement exécrable (Bon Jovi aurait été plus crédible, c'est dire!), ...

Le film est parsemé d'effets spéciaux en images de synthèses, tous plus moches les uns que les autres: la transformation en Ghost Rider, le morphing de Blackheart, ...

Rien dans ce film ne rappelle la noirceur de la BD originale. On peut se demander maintenant comment Mark Steven Johnson arrive à faire jouer de bons acteurs (on les aime ou non, mais Ben Affleck et Nicolas Cage bien dirigés peuvent être tous deux excellents) de manière aussi mauvaise. On ne croit pas une seconde au film (un comble avec un matériau de base comme celui du Ghost Rider!) et a aucun moment nous ne sommes pris d'empathie pour l'un ou l'autre des personnages.

Un film à fuir comme la peste!

vendredi 20 juin 2008

Halloween

Il est toujours délicat de s'attaquer aux origines d'un personnage mythique du film d'horreur; les récents "Massacre à la tronçonneuse: au commencement" et autres "L'exorciste, au commencement" nous le prouvent malheureusement. Aussi, quand les studios ont annoncé, il y a déjà quelques années, un film relatant la jeunesse de Michael Myers, le tueur d'Halloween imaginé par John Carpenter et Debra Hill dans les années 70, les fans de base avaient de quoi s'inquiéter.
C'était sans compter un réalisateur qui a entretemps connu un succès critique et public en seulement deux films et à qui les studios confient le projet: Rob Zombie.

Le réalisateur, au lieu de bacler son projet et de donner une raison bateau sur l'origine du mal (enfant maltraité, jeté à la poubelle, ...), décide de diviser son métrage en deux parties: une totalement inventée (et absolument fabuleuse) contant la jeunesse et le traitement en asile de Michael, et une autre (moins bonne mais néanmoins très ingénieuse) reprenant la totalité du film de Carpenter, avec des variantes parfois très importantes donnant à Myers un caractère bien plus violent et inquiétant.

La jeunesse de Michael n'est certes pas rose, mais entre un beau-père alcoolique aux penchants pédophiles (incarné par le fabuleux William Forsythe, qui jouait déjà le shériff dans "Devil's rejects" de Rob Zombie) et une soeur nymphomane, il reçoit un amour inconditionnel de sa mère (Sherry-Moon Zombie, émouvante) et adore sa petite soeur d'un an , Laurie. Il est harcelé par un gamin de son école, une petite frappe qui emmerde l'ensemble du bahut.
Myers (campé par Daeg Faerch, un jeune acteur à suivre de près) suit un véritable parcours initiatique dans sa folie meurtière, déclenchée par son beau-père et sa soeur. Il commence par tuer des animaux, ensuite un camarade de classe et enfin son beau-père, sa grande soeur et son petit ami. Il laissera la vie sauve à sa petite soeur, partie innocente de lui-même qu'il recherchera par la suite, et à sa mère, absente de la maison. Il ne peut tuer que masqué, comme si cet artifice lui enlevait toute humanité.

Il est pris en charge par le docteur Loomis (Malcolm Mc Dowell, criant de vérité) et un gardien (Danny Trejo, génial dans un rôle à contre courant de ce qu'il fait d'habitude) lui servira durant 15 ans de figure paternelle. Le traitement échoue, Michael tue une infirmière à coups de fourchette, hurle sur sa mère qu'il tente d'assassiner et s'enferme ensuite dans le mutisme le plus total. Il ne parlera plus jamais et se contentera de fabriquer des masques qu'il n'enlèvera plus jamais. Le choix de Malcolm Mc Dowell dans le rôle du psychiatre n'est certainement pas innocent: son personnage échoue dans sa thérapie et fait de Michael l'incarnation même du mal; on se souviendra de Mc Dowell dans "Orange mécanique", lui aussi encore plus fou à sa sortie d'asile qu'à son entrée. Zombie s'est contenté d'inverser les rôles...

Lors de son évasion, Michael, âgé de 25 ans (incarné par Tyler Mane, acteur au physique impressionnant et vu dans le rôle de Dents de Sabre dans "X-men"), fait un véritable carnage. Le meurtre le plus violent est celui du personnage de Danny Trejo, figure amicale de Michael, seul gardien le traitant en être humain. Le pont de non-retour est atteint; Myers ne croit plus en la bonté humaine et tue de manière sauvage et instinctive.

Le tueur revient dans la maison de son enfance, retrouve son masque (dont on connait enfin l'origine) et son couteau, et part à la recherche de sa soeur Laurie (Scout Taylor-Compton, très crédible). On s'interroge alors sur les motivations de Michael: après de nombreux meurtres, il se retrouve face à sa soeur (qui ignore tout de son passé), lui montre une photo de famille et enlève son masque... Est-ce un dernier appel à l'aide, pour retrouver son humanité? La réaction violente de Laurie réduit à néant ce dernier sursaut et Michael n'aura désormais comme unique but que le meurtre de sa soeur.

Je ne vais pas révéler ici l'ensemble des thèmes évoqués par Zombie, tant ils sont nombreux, ni commenter les grandes différences entre le film de Carpenter et celui-ci; je laisse la surprise au spectateur potentiel. Je parlerai encore du casting très complet et référentiel du film qui est complété, en plus des comédiens déjà cités, par: Bill Moseley ("House of 1000 corpses, Devil's rejects"), Sid Haig ("Kill Bill, House of..., Devil's..."), Ken Foree ("Zombie, Devil's Rejects"), Dee Wallace ("Rencontre du 3ème type"), Brad Dourif ("Vol au-dessus d'un nid de coucou, le Seigneur des Anneaux", la série "Deadwood", la voix de "Chucky"),... Rob Zombie s'entoure vraiment de plus en plus d'une famille d'acteurs, à l'instar de réalisateurs comme Tim Burton, Takeshi Kitano et Guillermo Del Toro.

"Halloween, le mal à un destin" (horrible titre français), est le premier film de commande de Rob Zombie. Il ne nous reste plus qu'à espérer que le jour où des studios revisiteront des créatures mythiques telles que Freddy, Jason et autres croquemitaines, ils feront appel à Rob Zombie, qui représente une conception sérieuse et respectueuse du cinéma de genre qu'espérait toute une génération de fans frustrés par la vague de films d'horreur tout public des années 90.

Back to the 70's!!!!

Leatherface, massacre à la tronçonneuse III

Je ne vais pas écrire un roman sur ce film qui est une sympathique petite production Z.

Un couple en pleine crise traverse les USA afin de rejoindre la Floride pour tenter de donner une dernière chance à leur relation. En traversant une contrée désertique du Texas, ils vont tomber aux mains d'une famille de dégénérés cannibales.

Rien de bien original dans le scénario de ce film, mais on passe un bon moment de rigolade devant ce film parfois involontairement drôle et bourré de non sens (une héroïne, qui a vu ces deux mains clouées à une chaise, recharge sans peine un fusil à pompe et tire sur tout ce qui bouge, une homme reçoit un coup de couteau dans la jambe et court après comme Ben Johnson, ...).

Pourquoi en parler alors?

Tout simplement pour que le spectateur puisse voir Viggo Mortensen ("Le Seigneur des Anneaux, L'impasse, History of violence, Les promesses de l'ombre, ...) dans le rôle du frère aîné et chef d'une famille d'anthropophages faire face avec un plaisir évident à un des "working actor" les plus cultes du cinéma d'horreur, j'ai nommé Ken Foree.

La trilogie des "Massacres à la tronçonneuse" n'a, mis à part le premier, aucune véritable qualité à signaler, si ce n'est à chaque fois un casting d'acteur talentueux qui ne se prennent à aucun moment au sérieux (le deuxième affichait quand même Dennis Hopper, Bill Moseley et Renée Zelweger).

Les producteurs des nouveaux pourraient prendre exemple car la présence du génial Robert Lee Ermey n'a jamais occulté le côté pénible du scénario et du reste du casting.

mercredi 4 juin 2008

3:10 to Yuma

Daniel Evans (Christian Bale) , fermier de son état et unijambiste depuis la guerre de Sécession, est criblé de dettes et va perdre son ranch dans la semaine. Afin de réunir les 200 dollars nécessaires pour sauver son bien, il accepte d'escorter un dangereux criminel, Ben Wade (Russel Crowe), jusqu' à la gare de Contention où il embarquera dans le train de 3 heures 10 pour Yuma... Mais la route est extrêmement longue jusqu'à la gare et la bande de Wade fera tout pour libérer son chef.

Le western est un genre extrêmement casse-gueule, tant il semble démodé et caricatural aujourd'hui. Mais ce remake du film de Delmer Daves sorti en 1957 est réalisé par James Mangold, papa de "Copland" et de "Walk the line"... autant dire que le projet était en de bonnes mains.

Signalons-le tout de suite: il s'agit, à mon sens, du meilleur western tourné depuis le fabuleux "Impitoyable" de Clint Eastwood en 1994.

Christian Bale ("Equilibrium, American psycho, Batman, Le règne du feu, ...") est tout simplement incroyable de réalisme en fermier au passé trouble, voulant à tout prix sauver les siens et regagner l'estime de son fils aîné de 14 ans même si cela doit lui coûter la vie. A aucun moment il n'est écrasé par l'interprétation excellente de l'oscarisé Russel Crowe ("Revelations, Un homme d'exception, Gladiator, American gangster, ...") qui signe pourtant ici une de ses meilleures performances d'acteur.
Les deux comédiens sont bluffants et n'ont rien à envier aux stars du western, que se soit de John Waine, Lee Marvin, Charles Bronson, Peter Fonda (qui signe ici une apparition de 10 minutes) jusqu'à Clint Eastwood et Kevin Costner.

Tout ce qui fait l'esprit du western se retrouve dans ce film: de magnifiques paysages, des fusillades et attaques de diligences menées tambour battant, des amitiés puissantes qui finissent en trahison, des tenancières de saloon jolies et pas farouches, une population prête aux pires exactions pour gagner de quoi leur faire oublier quelques temps leur misère et leur ratage du rêve américain, une vision parfois très étrange du concept de la loi et de la justice de la part des shériffs et autres chasseurs de primes employés par les "forces de l'ordre".

On peut regretter une intrusion fort courte des apaches lors du passage sur le territoire de Ben Wade et son "escorte". De plus, si ma mémoire est bonne, une attaque de nuit par les Apaches est fort douteuse: les Apaches ne tuent pas la nuit, leur culture les portant à croire que les esprits des hommes tués après le coucher du soleil les hanteront jusqu'à la fin de leur jour.

Mis à part la frustration de ne pas avoir pu assister à un véritable affrontement entre cowboys et indiens, on ne peut être que fasciné par cette impressionnante étude de personnages, abordant des thèmes aussi variés que l'acceptation de soi et de son passé, la rémission des pêchés et le dur passage de l'adolescence à l'âge adulte. Espérons que Christian Bale aura enfin prouvé, face à Russel Crowe, qu'il était capable de donner la réplique aux tout grands du monde du septième art et qu'il trouvera bien plus de rôles à sa (dé)mesure.

Un régal!